23 janv. 2007

La neige

Aujourd’hui il a neigé sur C.. Pas des petits flocons innocents disparaissant au contact du vilain goudron réchauffé par les gaz d’échappement. Non, des petits flocons tout aussi innocents, mais s’agrippant à une hauteur de quinze centimètres au-dessus du sol de C., qu’ils n’avaient pas vu depuis de longs mois. Evidemment, les organisations de cette ville, souvent aussi lamentable que dépassée par les événements, n’avaient pas prévu la neige pour ce matin. J’ai été contraint de ne pas utiliser les transports en commun, quasi inexistants, me permettant probablement d’éviter un accident de rétroviseur sur la vitre ou une rencontre inopportune avec l’une des nombreuses personnes pour lesquelles je remercie chaque jour le ciel ne pas me les avoir mises sur mon chemin (aujourd’hui encore, donc, merci).

A 10h12, j’ai reçu un texto qui m’a fait chaud au cœur. En raison de chutes de neige, le réseau bus/tram est fortement perturbé ce mardi 23 janvier. Cordialement. C’était un message de la société des transports urbains de C.. C’est une belle preuve que la ville a fait tout son possible pour dégager les rues enneigées. Bien sûr, au moment où j’écris, les flocons continuent de choir paisiblement, et moi, de m’occuper chez moi, paisiblement. Puisque, évidemment, je ne peux pas sortir. Ce n’est pas à cause de l’absence de bus que je ne peux pas sortir. Non, c’est parce que mon Mixa Intensif® et mon Dermophil Indien® ne sont pas assez efficaces pour préserver l’éclat de mon teint par ce froid. Si je tente de sortir de chez moi, je fais prendre le risque à ma peau de rougir affreusement et de se dessécher. Et si je gratte, mes joues vont à nouveau saigner, et à force de saigner, de laides croûtes risquent de se former, ressemblant à d’ignobles prurits, ou pis encore, à du sang séché de staphylocoque doré. Ces croûtes renfermeront du pus, en grande quantité, que je devrai extraire en perçant pour qu’il gicle sur le tapis de la salle de bains. Il faudra alors que je racle mon visage, avec un économe, pour retirer les plaques brunes durcies. Ma tête raclée aura perdu un centimètre d’épaisseur, et je ne ressemblerai plus à rien. Mes yeux sortiront de ma tête, ma peau piquera comme si j’étais un fakir de visage, et je pleurerai. Et je pleurerai tellement que je me viderai de toute mon eau. Ceci n’aidera même pas à combler le manque d’eau des nappes phréatiques, et je serai devenu maigre, sec, et moche pour rien, et je m’effriterai, comme de la paille, sur laquelle les chevaux viendront déféquer sans savoir que ce sont des toilettes en or massif. Et peut-être que je deviendrai du purin, ou au mieux du papier recyclé.

Alors, c’est bien gentil d’écrire Cordialement à la fin du texto, mais je ne trouve pas ça cordial du tout. Je vais donc être obligé de me rendre à pied à l’endroit où je dois aller cet après-midi, bravant la neige, la tempête de flocons s’abattant sur mon corps à au moins 8 kmh-1, et le froid. Mais comme je suis Rhum Raisin, je ne deviendrai ni rouge, ni croûté, ni desséché. Heureusement que mon organisme sait s’autoréguler.

21 janv. 2007

Âge mûr et tête de tendre

De nos jours (très mauvaise façon de commencer une dissertation, tous les profs de philo vous le diront), les chanteurs et teuses en herbe savent pertinemment que les carrières d’artistes ont des hauts et des bas. Or dans les années soixante, les vedettes de la chanson française ne se doutaient pas qu’elles allaient, presque toutes, connaître la dépression, l’alcool, la boulimie, et les galas dans la salle des fêtes de Lavigny dans le Jura, de Saint-Martial en Ardèche, ou de Puyvalador dans les Pyrénées-Orientales, devant cinquante personnes, tout au plus. C’est probablement la raison pour laquelle le Richard Anthony d’aujourd’hui n’a physiquement rien à voir avec le Richard Anthony des années soixante.

Surfant sur la vague des pseudonymes à deux prénoms, avec Claude François et Danyel Gérard, tous deux inspirateurs des Frédéric François et autres François Valéry, Richard Anthony décide de devenir chanteur après la mort de son père, pour permettre à sa mère et à sa sœur de vivre correctement financièrement. Evidemment, à cette époque, c’était plus facile qu’aujourd’hui de devenir une vedette. La bonne idée de Richard Anthony était d’importer des chansons anglo-saxonnes, de les faire traduire en français, et de les interpréter. Certes, à l’époque, beaucoup de chanteurs ont eu cette riche idée, mais Richard a vraiment usé, voire abusé, de ce subterfuge. La plupart de ses tubes sont rythmés et nous font vraiment nous dire que ce temps des yé-yé était le temps de la bonne humeur, de l’insouciance, et de l’amour libre: Nouvelle vague, Amoureux de ma femme, Donne-moi ma chance, C’est ma fête, Fiche le camp Jack, Tchin tchin, Le sirop typhon, A présent tu peux t’en aller, La leçon de twist, ou bien Sunny, dont le titre est resté anglais. Ajoutons bien sûr l’une de ses rares chansons lentes, qui a pourtant été certainement son plus gros succès, J’entends siffler le train.
Malheureusement, tous ces tubes ne sont à étaler que sur dix ans, de 1959 à 1969. C’est donc compréhensible que Richard Anthony se soit senti comme un chanteur abandonné, qui a vécu sans se retourner. Au lieu de faire le vide dans sa tête, il a fait le plein dans son ventre. Et hop, quelques kilos après, Richard écrit son autobiographie, au début des années quatre-vingt-dix, qui s’arrache dans les librairies. Ceci explique alors le succès, mérité, de la tournée Âge tendre et têtes de bois, actuellement sur les routes de France, dont fait partie Richard Anthony.

19 janv. 2007

Et c'est le temps qui court

Est-ce que ça vous intéresserait que je parle de ma vie? Voulez-vous que je raconte de quoi sont faites mes journées actuellement? Avec qui je les passe? Dans quel objectif?

Quel étourdi je suis! Vous ne pouvez pas me le dire, puisque je suis justement en train d’écrire la chronique que vous êtes en train de lire, et que j’aurai donc publiée avant que vous puissiez répondre à mes questions. Je suis contraint d’imaginer arbitrairement une réponse qui pourrait être la vôtre. Je considère donc que ceci ne vous intéresse pas, et vous soumets alors une chronique sur un autre sujet.

Les jours s’écoulent inlassablement, et celui qui me fera passer à ce chiffre impair divisible par 3, et par 7, arrive à grands pas. Si l’on en croit les statistiques récentes sur la démographie en France, il est fort probable que j’ai déjà vécu plus d’un quart de ma vie. C’est quand même beaucoup, un quart. Si ma vie était une chanson, j’aurais déjà entendu un couplet et un refrain en entier. Ce qui est affolant, c’est d’être un homme, et d’avoir 77 ans en 2007, ou bien d’être une femme, et d’avoir 84 ans en 2007. En effet, si ces gens sont des gens normaux, et, en plus, si ce sont des français moyens, ils ont alors statistiquement toutes les chances d’avoir Jacques Chirac comme dernier président de leur vie. Je compte sur le fait que lorsque j’aurai 77 ans, l’espérance de vie masculine ait grimpé jusqu’à 95 ans. En conjecturant cela, je peux dire que j’ai à peine dépassé les deux neuvièmes de ma vie, ce qui est plus rassurant que d’avoir déjà dépassé le quart de ma vie. Il est tout à fait légitime de se dire que ces calculs sont futiles, puisque je peux très bien aussi avoir déjà vécu les treize quatorzièmes de ma vie, ce que je ne me souhaite pas, et ce que je ne souhaite pas aux statisticiens, qui verraient alors, à cause de moi, le taux de mortalité augmenter, et l’espérance de vie masculine baisser, faisant alors mentir les tendances de 2007.

Le grand paradoxe de la plupart des gens est la peur de mourir et la peur de vieillir. Ce n’est pas logique. Alors en général, l’homme – au sens large du terme – choisit malgré lui la solution de vieillir; si on vieillit, on est sûr de mourir, mais plus tard, alors que si on meurt, on est sûr de ne plus vieillir. Vieillir est donc la solution idéale pour permettre de repousser la mort. Cette lapalissade me fait rebondir sur le fait que ce sont les japonais qui vivent le plus longtemps. L’un de leurs secrets est le concombre vivifiant, riche en vitamine C. Ce concombre permet de se maintenir en forme, même si on est très vieux. Par exemple, Kozo Haraguchi court le 100 mètres en 21,69 secondes. C’est pas mal quand on sait que cette sportive a 95 ans. Evidemment, ce genre de choses plombe le moral quand on n’aime pas le concombre. Mais vieillir, c’est bien aussi: on peut demander aux autres de faire des travaux pénibles, on peut regarder Des chiffres et des lettres sans se dire que ce n’est pas de son âge, on peut être fier tous les jours de connaître les gens dont le nom est dans le journal, à la page nécrologie. Sincèrement, il y a des avantages d’être vieux. Quand on a fondé une famille, on est heureux de voir ce que sont devenus ses enfants, et de voir ce que deviennent ses petits-enfants. Et puis les seniors sont maintenant des gens de moins en moins oubliés par la société. C’est normal, puisque les plus de soixante-cinq ans représentent environ 15% de la population. Et ils sont en forme! Mais être vieux et en forme n’est pas une évidence. On ne sait pas ce que nous réserve notre fin de vie. Même si manger des mets à base d’huile d’olive, mettre de la crème réparatrice sur le visage, dormir beaucoup, boire son urine, ou faire de l’exercice au quotidien, permettent de garder la forme, nul n’est à l’abri d’être un jour vieux, grabataire, et rabat-joie.

15 janv. 2007

Grandes révélations (oh oui, très grandes révélations même!)

Exceptionnellement, je vais répondre à la question avant qu’on me la pose.

Bien que mes connaissances m’appellent, pour la plupart, par mon prénom, il y en a qui se plaisent à me surnommer. Je n’aime pas particulièrement donner des diminutifs aux prénoms de mes amis, mais certains d’entre eux ne se gênent pas pour moi. Depuis ma plus tendre enfance, certaines personnes éprouvent le besoin de s’approprier mon appellation d’origine contrôlée. Je ne sais pas comment prendre le fait que l’on me surnomme; cela signifie que des gens estiment que mon prénom n’est pas assez élégant et mignon, ce qui est faux. Mais je ne peux pas leur en vouloir.

Voici donc une liste non exhaustive de mes surnoms avouables, par ordre chronologique: Roro, Rominou, Romano, Romi, Teddy, Ninou, Caliméro, Rabdallah, Rominet, Rhum Raisin, et enfin RR, par vous, chers lecteurs et trices.

Quels sont vos surnoms ?

11 janv. 2007

Ôter A1 à M6

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe, puisque ça a quand même été l’événement le plus important de la fin de l’année 2006, après la victoire de Cyril Cinélu, après l’élection de la miss au nom le plus difficile à retenir depuis Chantal Bouvier de Lamotte en 1972, Rachel Legrain-Trapani, après le Téléthon, après l’arrivée sur le marché de la Wii, après la mort de Pinochet, de Saddam Hussein, et de Jacques Crozemarie, qui ont le point commun d’avoir des raisons d’être détestables, après Noël, et après la naissance de jumeaux issus d’une maman espagnole de 67 ans, établissant ainsi le nouveau record du monde. En fait, peut-être que certains ne sont pas au courant, parce que c’est quand même passé un peu inaperçu, mais il est arrivé un grand malheur pour les fans des L5 en décembre 2006. Non, l’une d’entre elles n’est pas décédée. C’est bien pire: elles se séparent… J’écris c’est bien pire parce que si l’une d’entre elles était décédée, tout le monde aurait trouvé logique qu’elles se séparent. Or là, elles se séparent sciemment, de leur plein gré. Après un parcours avec des hauts et des bas, ou peut-être avec un haut initial, suivi de plusieurs bas, les L5 ont décidé de reproduire le schéma de leurs aïeules britanniques, ce qui m’a donné envie de revenir sur leur parcours.

En 2001, M6 crée l’émission Popstars dans l’espoir de trouver le groupe du troisième millénaire. La recette est simple: vous trouvez cinq jolies filles avec une voix potable, vous les mélangez dans un saladier, et vous obtenez un groupe dont le premier album sera un succès. Attention, j’ai bien dit cinq filles; si vous décidez de mélanger deux filles et deux garçons dans le même saladier, ou même seulement trois garçons, la mayonnaise ne prendra pas. C’est bien beau de croire à [s]on étoile, mais l’histoire nous montrera qu’on ne peut pas aller plus haut que les L5. En 2001 donc, après des castings interminables, ces dernières sont nées, bien avant le sacre de Jenifer, qui était encore en train de faire des bisous à Jean-Pascal sur TF1. Il y a Lydy la fonceuse, Coralie la pro, Claire l’idéaliste, Marjorie la discrète, et Alexandra l’autoritaire. Aidées par la chaîne qui les a vues naître, et par l’effervescence suscitée par la nouveauté de ce genre de programmes télévisés, les L5 vendent plus de 1,2 millions d’exemplaires de leur premier album, porté par le tube Toutes les femmes de ta vie. Elles consolident leur succès avec Une étincelle et Question de survie l’année suivante.

On pourrait penser que tout ceci n’était que commercial et que les L5 allaient mourir dès le lancement de leur second album. Que nenni! Enfin, pas encore… Le deuxième album est également un gros succès, certes moindre que le premier, mais assez pour être classé numéro 1 des ventes à sa sortie. Les titres Aime et Retiens-moi sont extraits de cet album, en partie écrit par Maxim Nucci. La reprise de Maniac est assez diffusée. Mais c’est après cette petite euphorie que les membres du groupe se sont engagées, malgré elles, sur le toboggan de la désillusion, les menant à leur perte. Réalisant bien que les fans vieillissaient et disparaissaient petit à petit, elles ont tenté d’attirer un nouveau public, encore plus jeune. C’est là que l’on remarque la déchéance des idoles. Elles ont doublé en 2003 La famille Delajungle, le film, et ont été les héroïnes d’une modeste bande dessinée en 2005, Histoires d’elles 5. Si ça, c’est pas tout faire pour essayer de rester en vie médiatiquement, je ne sais pas ce que c’est. Peu promu en télé et en radio, le troisième album Turbulences est un échec. Déconnecter et A ta liberté sont des titres restés confidentiels. Et il faut attendre 2006 pour que leur best-of sorte, avec une nouvelle reprise en anglais, Walk like an Egyptian, et annonce officieusement, la fin du groupe. Cette dernière devient officielle le 20 décembre 2006. Les L5 n’existent plus.

La fin de cette chronique est triste, mais, ô lecteur de mon cœur, sache que sur M6, la relève des L5 prend place chaque année, alors, ne retiens pas tes larmes, laisse aller ton chagrin, c’est une page qui se tourne, et tu n’y peux rien…

8 janv. 2007

Des recherches sans intérêt

Qui...?
Qui...de nous deux?... Non...
Qui rit?... La vache...
Qui...a mérité ça?... Non plus...
C'est bête, je ne me souviens plus de la question avec laquelle je voulais commencer ce petit texte...
Mais ça se comprend, je suis troublé. Je reçois des visites déconcertantes. J'attire des pervers (lui, lui, lui, ou bien lui), des ignorants en chanson française (lui, lui, lui, lui, lui, lui, ou encore lui), des internautes aux requêtes désagréables (comme celle-là, celle-là, ou celle-là), voire vexantes (comme celle-ci).
Qui...a le droit?... Toujours pas...
Qui...a volé l'orange?... C'est pas moi... Non, je ne me souviens plus...
Les gens font vraiment des recherches bizarres internettement. Et c'est le pauvre Monsieur Google qui doit trier tout ça. Maintenant il a même du travail en plus: on peut lui demander qui a le plus de succès chez lui.
On peut savoir qui est le plus populaire entre deux ennemis.
On peut demander quelles chanteuses sont les plus plébiscitées.
On peut tester la popularité de Rhum Raisin face à trois de ses plus fidèles Moomins (affichés par ordre alphabétique pour ne susciter aucune jalousie).
Comment ses fans préfèrent-ils imaginer Rhum Raisin? (Et c'est rassurant...)
Quels sont les pervers les plus nombreux sur la toile? Les hétérosexuels et les homosexuelles ou les hétérosexuelles et les homosexuels?
La culture a tendance a délaisser ses quatre dernières lettres...
Mais heureusement, il reste un peu de romantisme en marge de toute cette vulgarité.
Et oui, c'est un site qui ne sert pas à grand chose.
Qui a assez de temps à perdre pour s'amuser à créer des duels aussi futiles?...

3 janv. 2007

Quatre garçons, trois filles, plein de possibilités

Oui-Oui est un ami fidèle. Il m’a invité à sa fête du 31 décembre. Il m’avait bien dit que l’on ne serait pas nombreux, et en fait c’est mieux puisque j’aime bien les ambiances assez intimes. Mais j’avais un peu peur puisque je ne connaissais que lui. Je suis donc arrivé chez Oui-Oui; j’étais le dernier. Il y avait Caliméro, en pleine conversation avec Dora l’exploratrice. Il y avait de la musique, et c’était Diego, le cousin de Dora qui s’en occupait. Enfin, Candy était là, en train de discuter avec Barbalala.

Barbalala : Rhum Raisin! C’est bien toi?

Rhum Raisin : Oui.

Barbalala : Mais ça fait tellement longtemps qu’on s’est pas vu! Je suis contente! J’aurais tellement voulu te revoir, mais parfois on ne décide pas de ce que sera ou ne sera pas notre vie.

Rhum Raisin : C’est sûr.

Oui-Oui : Alors mon petit Rhum, je te présente Candy. Candy, une jolie petite fille aux yeux clairs.

Candy : Bonsoir Rhum Raisin…

Rhum Raisin : Bonsoir.

Oui-Oui : Et voici Dora, avec Calim.

Les présentations étant faites, nous avons tous discuté, mangé des petits fours, bu quelques verres de champagne, mangé des chocolats, nous sommes assis, relevés, chanté, fait des jeux débiles…

Dora : Et sinon, tu as quelqu’un dans ta vie?

Oui-Oui : Non non.

Dora : Ah, comme moi… Je cherche quelqu’un, parce que la seule compagnie de Babouche, mon singe, commence à me taper sur le système.

Oui-Oui : Je comprends.

Caliméro : Alors Barbalala, t’as eu quoi à Noël?

Barbalala : Ben j’ai eu le dernier album de Johnny Hallyday.

Caliméro : Ah… C’est super…

Barbalala : Ben ouais, y’a sa nouvelle chanson dedans, La quête.

Caliméro : C’est pas celle qui fait J’ai la quête qui colle ou je sais pas quoi?

Barbalala : Euh…non.

Oui-Oui : Moi je l’aime pas Johnny Hallyday.

Dora : Moi non plus.

Rhum Raisin : Pourquoi vous ne l’aimez pas?

Dora : Ben rien que de voir sa figure, ça me donne des boutons.

Caliméro : De l’urticaire.

Oui-Oui : Moi aussi, j’en jaunis à l’idée.

[Silence]

Caliméro : Et toi, Candy? T’as eu quoi?

Candy : J’ai eu Les malheurs de Sophie.

Caliméro : Les quoi?

Rhum Raisin : Ben quoi, tu connais pas Les malheurs de Sophie?

Caliméro : Ben non, je connais juste Les cakes de Sophie.

Barbalala : Oups…

Rhum Raisin : I did it again…

La soirée se poursuivit, ponctuée de discussions toutes plus pertinentes les unes que les autres, et d’une petite romance naissante entre Oui-Oui et Dora. Plus 2007 approchait, plus les esprits s’échauffaient, et plus les corps se rapprochaient.

Dora : Bon qu’est-ce qu’on fait maintenant, Oui-Oui?

Oui-Oui : Ben je sais pas.

Dora : Tu veux pas qu’on aille dans ta chambre? Tous les deux?

Oui-Oui : Euh… C’est-à-dire que… J’ai pas l’habitude… Euh… Rhum Raisin, tu veux pas nous raconter une blague?

Rhum Raisin : C’est que j’en connais pas beaucoup…

Oui-Oui : Mais si, tu sais, celle avec les bites, là…

Candy : Tu connais une histoire avec des bites?

Rhum Raisin : Euh… Mais non!

Dora : Oh, comme c’est mignon, il devient tout rouge!

Rhum Raisin : Mais non, je ne suis pas rouge!

Dora : Soit tu nous racontes une histoire de bites, soit tu nous la montre!

Oui-Oui : Enfin, Dora, du calme! C’est Rhum Raisin quand même.

Dora : Et alors, il a pas de bite?

Oui-Oui : Mais si, mais…

Caliméro : Ben comment tu le sais?

Oui-Oui : Non, mais je crois juste que Dora est un peu bourrée, là.

Barbalala : N’importe quoi, elle a pas bu d’alcool.

Caliméro : Non, mais elle est bourrée au bout de trois Monchéri™.

Dora : Mais je suis pas bourrée, je veux voir une bite.

Oui-Oui : Calme-toi, Dora, s’il te plaît, calme-toi. Allez, Rhum, raconte-nous une blague, ça va détendre l’atmosphère.

Rhum Raisin : Non, elle est nulle…

Barbalala : Allez, ne te fais pas prier.

Oui-Oui : Mais il aime se faire prier Rhum, hein?

Candy : Allez, vas-y, et après, je te montre mes seins.

Caliméro : Ben alors, elle est bourrée aussi Candy?

Rhum Raisin : Mais moi je veux pas voir ses seins.

Barbalala : Mais elle te les montrera pas, c’est des paroles en l’air.

Oui-Oui : Allez, ta blague!

Rhum Raisin : Bon… Vous connaissez l’histoire du mec qui a cinq bites?

Barbalala : Non.

Candy : Ben non.

Dora : Ah, des bites!

Oui-Oui : Alors, dis-nous!

Rhum Raisin : Eh bien…

Candy : Hi hi hi…

Rhum Raisin : Mais j’ai pas fini, là…

Candy : Non, mais j’ai peur de pas la comprendre, alors je ris avant…

Rhum Raisin : Bon… Eh bien, le mec qui a cinq bites a un slip qui lui va comme un gant!

[Silence]

Rhum Raisin : Vous avez pas compris? C’est pas grave.

Caliméro : Si, mais c’est un peu capillo-tracté.

Dora : Une autre! Une autre!

Rhum Raisin : Ça va, on n’est pas aux Grosses têtes.

Personne ne remarqua que la musique s’était arrêtée. Au bout d’un moment, Oui-Oui prit la parole.

Oui-Oui : Alors, si on jouait à Action/Vérité/Bonus?

Candy : Chouette!

Dora : Mais sans le bonus alors.

Oui-Oui : Oui, tu as raison, c’est chiant le bonus.

Rhum Raisin : Euh… Moi j’aime pas trop. J’ai toujours l’impression de me faire avoir dans ce jeu.

Candy : Bon alors, Oui-Oui, à toi! Action ou vérité?

Oui-Oui : Vérité.

Barbalala : Alors, quelle fille, ici présente, trouves-tu le plus à ton goût?

Dora : Oh, lui aussi il devient tout rouge! C’est trop mignon…

Oui-Oui : Je vais dire… Dora.

Dora : Waouh! Il l’a dit, il l’a fait! Yes, he did it! He did it! Allez, maintenant, allons dans ta chambre. Let’s go!

Oui-Oui : Mais non, je t’ai dit. Attends un peu la fin du jeu.

Dora : Bon d’accord. Alors, Caliméro, à toi. Action ou vérité?

Caliméro : Action.

Dora : Tu dois aller rouler une pelle à Rhum Raisin.

Rhum Raisin : Quoi? Je refuse.

Caliméro : On ne te demande pas ton avis. Laisse-toi faire, un point c’est tout.

Candy : Il t’a dit qu’il ne voulait pas, n’insiste pas.

Caliméro : Ta gueule.

Candy : Toi aussi, ta gueule. Tu ne l’embrasses pas, un point c’est tout.

Barbalala : Bon calmez-vous, on va pas s’engueuler quand même!

Oui-Oui : On va abandonner cette action, et on va passer à quelqu’un d’autre.

Caliméro : C’est vraiment trop injuste.

Barbalala : Candy, à toi. Action ou vérité?

Candy : Action.

Dora : Tu dois faire une déclaration d’amour au garçon de ton choix.

Candy : D’accord…

Barbalala : Qui est l’élu?

Candy : Rhum Raisin, je veux baiser, je te veux.

[Silence]

Rhum Raisin : Ben… C’est que… Euh… Ah… Quel humour!... Mais, c’est très drôle…

Candy : Non, c’est pas drôle, c’est sérieux… Allez viens, on va dans la chambre.

Rhum Raisin : Euh… Mais… Je… Je… Je suis chaste, moi.

Dora : Fais la poule, fais la poule, tu verras, tu seras plus cool!

Rhum Raisin : Mais, Candy, pourquoi tu fermes la porte à clé? Mais Candy… Mais… Aaaaaahhhhh…

Quinze minutes plus tard (admirez ici la superbe ellipse narrative), Dora se rendit compte que Diego avait disparu, avec la musique. Nous l’entendîmes crier dans toute la maison de Oui-Oui.

Dora : Diegoooooo!

Caliméro : Arrête de crier, tu vas vraiment le faire fuir.

Barbalala : Comme t’es désagréable, toi!

Dora : Mais il faut absolument que je retrouve mon cousin, sinon, je vais me faire engueuler par ses parents. Je devais m’en occuper.

Oui-Oui : Ne t’en fais pas, on va tous le chercher. Diegoooooo!

Barbalala : Diegooooooo!

Dora : Diegoooooo! Youhou, youhou, où es-tu youhou? Youhou, youhou, where are you youhou? On te cherche partout.

Oui-Oui : Rhum et Candy, vous pouvez venir nous aider?

Rhum Raisin : Oui oui oui oui, Oui-Oui, on arrive.

Candy : Diegoooooo!

Après de longues dizaines de minutes à chercher Diego, nous l’avons enfin retrouvé. Il s’était enfui chez les voisins de Oui-Oui, Tinky-Winky, Dipsy, Laa-Laa et Po. Il en avait un peu marre de nous entendre parler, et avait préféré s’amuser avec des gens de son âge. Dora était tellement heureuse de retrouver son petit cousin que pour ne pas le laisser tout seul, nous avons été contraints de finir la fête chez les voisins au nom collégial tendancieux. Qu’importe, il était déjà minuit passé, et nous ne nous en étions même pas rendu compte. Comme la nuit a passé vite.