Maintenant que deviennent, que deviennent les valses de Vienne ? demande-t-il à qui veux bien lui répondre dans les années 80. Mais jamais personne ne lui a répondu. C'est fort mécontent que le jeune François décide de se tourner, un matin, vers sa maman en la priant de lui dire enfin ce que deviennent ces maudites valses de Vienne.
« C'est toi qui m'as fait, qui m'as construit, jour et nuit, alors réponds-moi, bordel ».
Mais rien n'y fait, il semble bien condamné à ne jamais savoir le destin de ces valses de Vienne. Cette obsession danger, mal dans mes idées le hante alors durant de nombreux mois et il sombre malheureusement dans une terrible dépression.
C'est alors qu'il rencontre une certaine Joy. Elle vit sa vie dans le noir, bizarre, pour toujours elle maquille son désespoir, au Magic Boulevard. Tombé d'amour pour elle, il lui écrit des lettres enflammées, aussi lyriques et romantiques qu'une chanson de Vitaa.
« Je t'aimerai si fort que tu seras la plus belle.
Je graverai ton nom avec le feu du soleil.
Je construirai pour toi une autre tour de Babel
Oui, pour toi, rien que pour toi »
Il lui offre aussi du parfum de vanille, amour qui pétille, pour la rendre heureuse.
Mais Joy, un matin d'automne, rencontre un autre homme. Il s'appelle Franck. Ce petit Franck écrit son nom sur les murs, il voudrait bien jouer les durs, mais y a quelqu'un qui lui manque, dans sa vie, Petit Franck. Joy se propose alors de sauver Franck, et largue sans état d'âme ce pauvre François. Celui-ci, la mort dans l'âme, se remet ainsi à écrire des poèmes pour sortir de son désespoir.
« Vous, sous le volcan qui se délave,
Vous regardez couler des larmes de lave, le sang des braves,
Et moi je me souviens quand j'étais slave »
Mais très vite, François se rend compte qu'il écrit n'importe quoi. « Mais quand j'ai le mal de toi, je raconte n'importe quoi, que tu n'me manques pas, que j'tattends pas ». Il commence à perdre la tête. Joy l'a humilié. Elle a joué avec lui. Mais François, lui, il ne joue pas, joue pas comme ça, car l'amour ça ne plaisante pas. Il réalise qu'il aurait mieux valu se quitter sans larmes. Il décide de reprendre sa vie en main et repart à la recherche des valses de Vienne, toujours introuvables. « Maintenant que deviennent, que deviennent les valses de Vienne, et les volets qui grincent d'un château de province ?... » On ne le saura peut-être jamais.
Cher lecteur, chère lectrice, je te propose d'écouter Joy. (Oui, pour toi, rien que pour toi...)
Pendant que certains se prélassent sur les plages noires de monde de la Côte d'Azur, d'autres passent leur temps scotchés devant leur écran d'ordinateur parce qu'ils ne sont pas en vacances. Et quelle coïncidence, c'est justement le cas de 
Il n'y a rien de glorieux dans la prise de la Bastille. Les émeutiers ont mis le feu au bâtiment, des têtes ont explosé, des jambes ont sauté, le sang a giclé. La démarche révolutionnaire des Parisiens a même été approuvée par les régiments de cavalerie d'infanterie et d'artillerie, puisque les soldats ont préféré ne pas marcher sur les émeutiers. Ils savaient probablement que quatre-vingt-onze ans plus tard, Benjamin Raspail allait proclamer le jour de commémoration de la prise de la Bastille jour de
Lorsque je disais que je connaissais la 
Au fil des pages de ce formidable dossier où le moi explose, où le je est roi, où l'ego est central, on comprend que les Narcisse sont partout à la télé, dans les magazines. Le Narcisse peut prendre la forme d'un sélectionneur de foot qui ne pense qu'à sa petite personne après une défaite, en demandant sa chérie en mariage. Le Narcisse peut prendre la forme d'une ministre de la Justice qui se rend au bureau en tailleur Dior, talons (ultra) hauts. Le Narcisse peut prendre la forme d'un ancien ministre de la Culture qui revendique la paternité de bon nombre d'initiatives (oui, la Fête de la musique, on sait !) se croyant «indispensable à la bonne marche du monde». Le Narcisse peut prendre la forme d'un homme d'église, un sage, qui jubile sur les plateaux de Fogiel ou d'Ardisson en jouant le rôle du « prélat qui dit du mal de l'Eglise ». Le Narcisse peut prendre la forme d'une figure emblématique de la haute couture, qui n'a pu qu'apprécier qu'une grande campagne de pub pour le gilet jaune et moche qui peut sauver des vies ne repose uniquement que sur son indéniable notoriété. Le Narcisse peut prendre la forme d'un patron, tellement fou de lui-même qu'il pousse le vice jusqu'à être le protagoniste des publicités pour vendre ses lunettes. Le Narcisse peut aussi prendre la forme d'un chanteur pour bobos qui kiffe à mort de chanter ses chansons (à sens, puisqu'il les a écrites), mais qui kiffe beaucoup moins de répondre aux questions des animateurs, ces vils incompétents. Le journaliste ose même : « C'est quand le bonheur ? [...] Quand il se taira ! ».
Marianne nous offre donc cette semaine plus d'une trentaine de portraits, parfois assassins, sur les grands amoureux d'eux-mêmes. De Cissé à Jospin en passant par Elkabbach, de Leclerc à Angot en passant par Van Damme, les égratignés sont nombreux. Mais que voulez-vous, il faut se satisfaire comme on peut. Si les êtres narcissiquement géniaux éprouvent un incommensurable plaisir à s'admirer dans le miroir habilement placé en face de leur doux visage, laissons-les faire, qu'ils en profitent. Certains existent dans le regard du plus grand nombre: d'autres, comme le disait Rousseau, se satisfont d'un regard intérieur, à l'instar du mythe Narcisse, tombé amoureux de son propre reflet.