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31 juil. 2011

Va y avoir du sport

(Prépare-toi, cher lecteur, chère lectrice, à voir une photo
sur laquelle j’apparais à la fin de ce billet
#TeasingDeMalade)


Aux belles heures de ce blogue, je parlais beauté, beauté, beauté, parfois même beauté, voire beauté ou encore beauté. Vous comprendrez bien que sur près de 450 chroniques, ce thème n’a été récurrent qu'une dizaine de fois, ce qui en fait automatiquement un thème marginal. C’est la raison pour laquelle, compte tenu du fait qu’il n’a été que marginalement abordé pendant ces cinq années, je m’autorise à en parler aujourd’hui.

Lassé d’imaginer que les gens qui croisent mon regard pourraient penser que je suis un peu boudiné dans mes chemises à carreaux à manches longues, j’avais deux solutions. La première était d’acheter des chemises taille L, ce qui est totalement inimaginable ; ce serait comme concéder de rencontrer Nagui sur le plateau de Tout le monde veut prendre sa place alors qu’on rêve d’un décor plus sombre avec des musiciens qui jouent de la musique. La deuxième solution était de perdre des kilos.

Parfois, Nagui a le sourire inspiré

Il m’a bien fallu admettre que cette deuxième solution était plus adaptée à l’idée que je me faisais de la beauté. Heureusement, cet été n’a pas été aussi chaud que l’annonçaient Evelyne Dhéliat et Catherine Laborde en cuir. Du coup, je n’ai pas eu trop à me battre contre ma diapnophobie. Pour perdre du poids, j’avais deux solutions. La première était de faire un régime à la Dukan ou à la Weight Watchers. Mais en été, il est totalement intolérable de ne pas manger de glace(s) le soir. La deuxième solution était donc de faire du sport.

Je suis rarement motivé pour faire du sport. Et pourtant mon passé de sportif est glorieux : sept ans de patinage, trois ans de natation, deux ans de tennis, six mois de football (eh ouais !). Pour aider mon corps à éliminer de la masse graisseuse, j’avais deux solutions. La première était d’aller faire du sport dans un club de fitness. Je m’y suis rendu. Avec mon t-shirt ample et mon bas de jogging large, j’avais l’air d’un gros à côté de tous les kékés en débardeur et collant en lycra. Après deux heures de vélo, d’abdos et d’engins qui musclent les biceps, j’étais crevé. La deuxième solution était d’aller courir régulièrement.

Oh non, ce n'est pas sur cette photo que j'apparais

J’ai bien sûr opté pour cette deuxième solution. Ce n’est pas que l’envie d’aller courir m’étreint fougueusement tous les deux jours, mais la perte de deux kilos (bon, en deux mois, certes) me motive avec énergie, hit music only. Dans mon complexe sportif des C., à deux pas de chez moi, à C., je rencontre régulièrement des athlètes qui font deux tours quand j’en termine un difficilement, des grosses dames qui obligent leur maillot à user leur élasticité, et des ados qui matent les autres ados qui font du sport.

Parce que je suis dans un bon jour, je t’offre, cher lecteur, chère lectrice, une photo qui se rattache à mon passé de sportif de haut niveau. Non, ce n’est pas une photo de moi en slip de bain lorsque je faisais de la natation. Non, ce n’est pas une photo de moi sur un court de tennis, ma belle raquette orange dans la main droite. Non, ce n’est pas une photo de moi en short et en crampons, un ballon au pied (ai-je au moins touché une seule fois le ballon de foot en six mois?). Il s’agit effectivement d’une photo de moi à la patinoire, prouvant bien que, parfois, j’ai terminé premier, en compétition...








Ready ?










Tadam...








Et voilà !


Je pense que Brian Joubert m'a tout piqué


Photos chopées sur tv5.org, univ-montp1.fr et chez moi.

21 févr. 2011

Dans ta bouche sept fois ta langue tu tourneras

Je savais que la dame qui recrute avait le droit de poser des questions qui déstabilisent mais je ne pensais pas qu’une question comme celle-là pouvait me déstabiliser.

J’ai tenté d’éviter tous les pièges, aujourd’hui, lors de l’entretien d’embauche. J’ai détaillé mon parcours, expliqué les incohérences flagrantes et défendu mon ambition et mon désir de travailler ici. J’ai même ri fort, un moment, si bien que ça a résonné dans ma tête. Les 45 minutes d’entretien se sont plutôt bien passées, jusqu’à cette dernière question, last but not least.

Avant de retranscrire la fin de cet entretien, il faut expliquer que mon Curriculum Vitae n’est pas vraiment classique. Outre une photo souriante, un mur de qualités, et une mise en page sobre mais efficace, j’ai tenté une audace à laquelle aucun employeur, jusqu’à aujourd’hui, n’avait prêté attention. Dans un C.V., on affiche usuellement en premier un chapitre « Expériences professionnelles » dans lequel on indique les stages suivis au cours des dernières années, ou, à défaut, les jobs d’été à couper du maïs dans un champ ou à servir du pop-corn dans un cinéma de province. Au-dessous du chapitre « Expériences professionnelles », on détaille le chapitre « Formation », dans lequel on rappelle qu’on a suivi de belles études littéraires après avoir passé un bac S. Au-dessous de « Formation », on intègre généralement un chapitre « Compétences », histoire de caser qu’on sait se servir de Word, voire de Photoshop, et aussi qu’on a un niveau d’allemand scolaire.

Puis vient le dernier chapitre d’un C.V., celui qui ne sert à rien mais qui est bien souvent indispensable pour finir sur une touche de légèreté : « Centres d’intérêt » que certains préfèrent nommer « Hobbies » parce qu’ils se croient bilingues. Plutôt que de mentionner une banale passion pour « Internet », le « cinéma », ou la « planche à voile », j’ai opté pour un « intérêt particulier pour la chanson française de 1920 à nos jours ». Je peux bien avouer que j’avais déjà envisagé une question piège à ce propos. Du coup, je peux facilement tenir une conversation portant sur Fréhel, sur Mistinguett, sur Ray Ventura, sur Edith Piaf ou sur Claude François.

Mais aujourd’hui, j’ai trouvé la dame qui recrute plutôt fourbe.

La dame qui recrute : Avant de nous quitter, j’aimerais vous poser une dernière question. Vous écrivez que vous aimez beaucoup la chanson française. Citez-moi un chanteur français actuel que vous écoutez.

Rhum Raisin : Actuel ?

La dame qui recrute : Oui, actuel.

Rhum Raisin : (Oh putain, qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui dire ? Pas Vincent Delerm, c’est trop bobo. Pas Christophe Maé, ce serait mentir. Pas Jean-Jacques Goldman, c’est trop commun… Euh… Mais je sais pas quoi dire, haaaaaaaaaaaaaa…) Alain Souchon. (Mais pourquoi j’ai dit Alain Souchon, bordel ? J’ai même pas un seul disque d’Alain Souchon chez moi, en plus j’aime bien mais sans plus, quoi, Le baiser, Allo maman bobo, oui, mais je déteste Foule sentimentale par exemple… Bref.)

La dame qui recrute
: Et citez-moi maintenant une chanteuse française actuelle que vous écoutez.

Rhum Raisin : (Rhaaa elle me lâchera jamais ! Bon, Rhum, réfléchis vite. T’as déjà dit n’importe quoi avec Souchon, il faut maintenant que tu laisses parler ta spontanéité, ne réfléchis pas.) Amel Bent. (Mais pourquoi j’ai dit Amel Bent, bordel ? Pourquoi je n’ai pas réfléchi ? Et pourquoi c’est Amel Bent qui est sortie de ma bouche comme une éjaculation précoce ? Mon cerveau est un mystère parfois.)

Je crois que mon cœur a parlé. Mes deux chanteurs préférés sont Alain Souchon et Amel Bent.
À mon grand dam.

2 févr. 2011

Post mortel (Partie 2)

Je ne sais pas si c’est bien normal, mais souvent j’imagine mon enterrement. J’espère que je ne vais pas mourir demain qu’est-ce qu’on ferait de plus, qu’est-ce qu’on ferait de moins mais cette pensée m’obsède. Si mes comptes sont bons, j’ai assisté à 6 enterrements dans ma vie. Peut-être y en a-t-il eu davantage mais je devais probablement être trop jeune pour en garder des souvenirs.

Quand un proche meurt et que tout le monde se réunit à l’église, puis au cimetière, voire au four, il y a une sorte de communion savamment orchestrée par le recueillement. J’aimerais installer une caméra de surveillance directement reliée à mon urne funéraire, histoire de voir le degré d’amour ou d’amitié il pense à moi je le vois je le sens je le sais que les gens ressentent pour moi.

Si un jour la vie m’arrache à elle, qui serait présent à mon enterrement ? Ma famille proche, sûrement. Ma famille un peu moins proche aussi, certainement. Peut-être pas, en fait. Ma famille est tellement dispersée géographiquement. Quelques amis viendraient aussi pleurer mon absence, à condition qu’ils aient été prévenus de ma disparition. Les gens que j’aime bien ne lisent pas forcément les avis mortuaires du journal local. Il faudrait donc que ma mère pense à prévenir l’un(e) de mes ami(e)s, qui en préviendrait un(e) autre, qui en préviendrait un(e) autre, et ainsi de suite. Mais vu les faibles connexions entre les gens que je connais, je doute que ma mort attire du monde, finalement. Et rien que de savoir qu’il manquerait telle personne ou telle personne me fait de la peine. Peut-être que certains n’auront jamais vent de ma mort.

J’aimerais que le contenu de la messe soit à l’image de mes goûts musicaux. Mais je crains que la grande majorité des chanteurs et teuses que j’aime bien ne s’adaptent pas vraiment à une telle cérémonie. Un Adagio à la rigueur, mais ça ne me satisferait pas entièrement.

Ce serait rigolo aussi qu’on projette des photos de moi sur un écran, un peu comme chez Michel Drucker. « Oh tiens, Rhum à 9 ans, avec sa mère, comme il était mignon. » « Et là, c’est Rhum à 16 ans, sur scène. » « Et là, c’est Rhum quand il avait une coupe pourrie ! »

(En fait, je n’ai jamais eu de coupe pourrie. Elle n’était mal perçue, c’est tout.)

J’ai peur que des personnes pleurent quand je serai mort. Alors, juste pour elles, je voudrais bien ne pas mourir trop tôt.

29 janv. 2011

Post mortel (Partie 1)

Hier, 10 heures.

Nous partons, après avoir petit-déjeuné et préparé un sandwich pour manger sur la route. De toute façon, nous savons pertinemment que nous serons de retour le soir-même. Dans ma tête, je sais très bien que je ne serai pas revenu à temps pour mon émission préférée, mais il y a des imprévus auxquels on ne peut pas échapper. En fait, dans la voiture, l’ambiance n’est pas très gaie mais la radio permet de faire passer le temps et de se changer les idées. Peu de véhicules circulent sur la route. Nous doublons quelques camions, des 205 pourries et un chien écrasé.

Une fois le Cantal traversé, nous entrons en Lozère, département le moins peuplé de France. À vrai dire, je m’étais un peu habitué à la faible densité d’habitants au kilomètre carré depuis mon expérience à M. Je ne suis donc pas surpris de voir des vaches esseulées sur les petites montagnes du coin. Nous arrivons au lieu de rendez-vous et nous installons.

Les médecins avaient sonné le tocsin et pourtant personne n’avait daigné chauffer l’église. Déjà que ce n’est pas très drôle d’assister à l’enterrement d’un ami, si en plus les conditions ne sont pas optimales, on a un peu envie de ne pas rester. Je réalise que je ne suis pas allé à un deuil depuis belle lurette. Je n’étais pas allé à celui de M. parce que je passais mon bac ce jour-là. Je n’étais pas non plus allé à celui de L. parce que j’étais à L. et que je m’étais mal organisé. Alors pour R., je suis là.

Je me dis que bien sûr, c’est un moment difficile à passer, mais il n’y a rien d’insurmontable. Le curé raconte ses histoires de Bible, lève les bras, boit son vin (car ceci est mon sang) et chante ses chansons. Mais les chansons religieuses ne parviennent pas à me décrocher un quelconque ébranlement. Je trouve toutes les chansons pieuses plates, lentes et ennuyeuses, à part peut-être Douce nuit et encore, uniquement si elle est réorchestrée par Mariah Carey.

Mais quand, assis sur son banc en bois, les pieds gelés, on réalise qu’on ne reverra plus la personne pour laquelle on est là, c’est un peu émouvant. La famille de R. a voulu diffuser, lors de la messe, Que serais-je sans toi. J’aime bien cette chanson, en particulier le moment où l’on entend « Que serais-je sans toi… Que ce balbutiement ». Je trouve que ce mot balbutiement est impeccablement bien utilisé dans cette chanson, qui me procure des frissons. Et là, j’ai des larmes qui montent. Et c’est tellement difficile de les retenir. J’ai beau lever la tête pour essayer de faire en sorte qu’elles retournent sous mes paupières, elles coulent sans que je puisse les retenir.

Puis le curé enchaîne sur La montagne. Cette chanson, bien que plus connue, me touche un peu moins. Je prends néanmoins du plaisir à l’écouter dans ces circonstances particulières. « Ils quittent un à un le pays pour s’en aller gagner leur vie loin de la terre où ils sont nés »… C’est à la fin de cette chanson que retentissent alors les premières notes d’Aimer à perdre la raison. J’ai soudain peur que nous devions nous taper le triple Best-of de Jean Ferrat en entier. Heureusement non. C’est juste le curé qui n’arrive pas à arrêter le CD, le nul.

Après un passage au cimetière, nous nous retrouvons tous à la maison familiale pour boire un café. Je n’ai pas bu de café, mais j’ai mangé une part de gâteau. Le gâteau était bon. L’atmosphère s’est détendue et quelques rires ont, au fur et à mesure que l’après-midi défilait, remplacé les pensées mélancoliques. La journée a filé comme cela, comme une autre. Nous sommes repartis à 17h45. J’ai raté mon émission préférée.

28 déc. 2010

Ploucland

Alors voilà.

Je te prie de me pardonner, lecteur chéri, lectrice adorée. Pardon de ne pas avoir donné de nouvelles depuis tout ce temps. Mais j'ai une bonne raison. Une de celles qui font que la prof principale admet qu'on ait pu rater la classe pendant une semaine.

Ma vie professionnelle a pris un virage au début du mois, emporté par le tempo, mon cœur balance de bas en haut.
J'ai été habitué à un environnement urbain, depuis trois ans, dans les rues de L. Je me suis conforté dans ce train-train de pollution en quittant L. pour P. le temps d'une grossesse. J'ai connu la vie paisible de C pendant plus de 20 ans. Puis le destin a fait que j'ai eu cette conversation avec R., fin novembre : (j'ai doublé mon R pour qu'on me distingue plus facilement)


R : J'ai une proposition à te faire.
RR : Ah ?
R : Voilà, on a besoin de quelqu'un à M. jusqu'au 2 janvier.
RR : Ah ?
R : Et je me suis dit que ça pouvait t'intéresser.
RR : Ah ? (Il m'arrive parfois d'avoir davantage de conversation, hein...)
R : Oui, et donc ? Tu es disponible ?
RR : Euh, je peux te donner ma réponse dans un moment ?
R : Dans deux heures ?
RR : Euh... Oui.


En fait, j'espérais secrètement qu'il me donne 24 heures de réflexion, ce qu'il ne fit pas.
Un peu mal pris, ce qui m'arrive parfois, j'ai accepté la proposition de R. Et me voilà à M.
Je m'attendais à voir des gens d'un autre temps, un peu bizarres. Et je regrette chaque jour d'avoir été aussi lucide.

À M., ce n'est pas que les gens sont moins intelligents, c'est que le monde est plus intelligent qu'eux. Il n'est pas rare de croiser une femme à moustache, n'ayant jamais eu écho de l'existence même du métier d'esthéticienne. Alors qu'il fait froid dans les rues de M., les charmants habitants portent fièrement leur bonnet, auquel ils n'ont pas pensé ôter l'étiquette. À M., il n'y a pas de Fnac, encore moins de Virgin, et même pas un malheureux Cultura. Le bitume est une patinoire, puisqu'à M., personne ne sort après 20 heures, donc les trottoirs ne sont pas salés. Et quand il n'y a plus de verglas, il y a des petits amas de neige pourrie qui croupit dans le caniveau.

Mon désarroi ne faiblit pas. Depuis que je suis à M., j'ai peur d'être devenu comme les habitants. Comme une sorte de Rhum Raisin gros et moche. Je n'ai même plus honte de me moucher en pleine rue. C'est dire si mon ego en a pris un coup.
R. m'a proposé de prolonger le contrat. Et prolonger le contrat, ça veut dire rester encore (et pour combien de temps ?) dans cette ville morne où l'ennui est l'occupation principale de chaque soirée.

Je suis soulagé d'avoir dit non.


(Mais au fait, c'est où M ?...)

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12 oct. 2010

Fille d'à côté

Parce que ma vie est aujourd'hui aussi fournie qu'une aisselle tout juste épilée, un rien peut tendre à me remonter le moral. Surtout quand Patrick Sébastien - le vrai ! - répond personnellement à une requête qui me tient à cœur.



Allez, je retourne me morfondre.

23 sept. 2010

Piège à cuniculophiles

Ce matin, alors que mon job d'été s'achevait hier soir :

With a taste of your lips, I’m on a riiiiiide... You’re toxic, I’m slipping under... ♫
(Sonnerie de mon téléphone)

Rhum - Oui ?
Rémi (mon chef, qui n'était donc plus mon chef depuis hier soir) - Salut Rhum, c'est Rémi.
Rhum (pris au dépourvu et cherchant vite quelque chose à dire) - Ah... salut... euh... ça va ?...
Rémi - Oui. Dis-moi, je t'appelle pour savoir si tu es disponible les 15 prochains jours.
Rhum - Ben... oui...
Rémi - François a prolongé son congé maladie, et on a besoin de toi, donc on pourrait proroger ton contrat.
Rhum - Ah, alors... oui... c'est d'accord!
Rémi - Super, alors tu peux passer dans la journée pour qu'on règle l'administratif ?
Rhum - Oui, oui, pas de problème.
Rémi - Bon, alors à tout à l'heure, mon lapin.
Un instant.
Rhum - Euh... oui... à tout à l'heure.

J'ai été un peu surpris que mon chef m'appelle mon lapin alors qu'il ne parle pas comme ça d'habitude.

Enfin bon, au moins, ça repousse encore un peu ma période de chômage.


(Pfff... en plus, j'ai même pas des grandes oreilles, moi)

6 mars 2010

C'est tro-o-o-op

Je ne laisse pas passer le temps, c'est lui qui s'enfuit. La procrastination est la porte d'entrée d'un cercle vicieux. Le travail s'accumule. La fatigue aussi. L'absence d'envie s'installe. Les strates de poussière s'amoncellent sur ma table de nuit, les derniers posts datent, les tomates pourrissent dans mon frigo, le dernier Flop Ten est passé à la trappe et mon organisation laisse à désirer.

J'étais plutôt content de quitter C. il y a près de trois ans. Je savais que je quittais mon enfance, mais que j'allais y retourner souvent. Mais le nouveau tournant de ma vie est différent. Je quitte L. et je ne sais pas si j'y reviendrai souvent. Je pars pour un stage dans une autre ville, encore. Et pour bien compliquer le tout, cette ville est géographiquement encore différente. Trop à faire. Du coup, entre déménagement, prise de contacts et mémoire qui prend du temps, mes allers et retours entre C., L. et B. s'accélèrent.

Parce que oui, je pars à B., quelque temps.

19 févr. 2010

De la pareille au même

Ce matin, à l'école, troisième étage, L.

- Rhum : Merci beaucoup, Roudy*. C'est gentil de m'avoir dépanné. Je te rendrai la pareille.

- Roudy : Quel appareil ?

- Rhum : (Instant d'incompréhension) Ha ha... (rire)

- Roudy : Quel appareil ?

- Rhum : Bah... Je veux dire... Enfin.... Je te rendrai la pareille, c'est une expression...

- Roudy : Ah ok! (Silence) Mais pourquoi un appareil ?

- Rhum : Non, rien.

(* prénom modifié)

7 janv. 2010

Le tombeur

Les deux jours passés m'ont procuré une atroce douleur. Pas une douleur physique, un bleu purulent, un têton qui saigne abondamment ou un ongle de petit orteil retourné. À mon grand dam ce fut bien pire. La douleur ressentie s'est répandue dans mon être comme l'étincelle d'une allumette sur une flaque d'essence aux reflets violets. Cette douleur était une douleur psychique: la peur.

La raison de cette peur rongeant mon calme comme un castor rongeant du bois est née de la neige tombée en quantité dans la nuit de dimanche à lundi sur les trottoirs et routes de Lyon. Cette neige presque abondante est vite devenue un dure couche écrasée par les lourds sabots de chacun. Une couche glissante. Mes yeux délicats apercevant cette horreur, la peur est arrivée, comme Zorro. Ce n'est pas un quelconque terrain glissant qui va effrayer un garçon ayant passé sept délicieuses années de sa vie à patiner pendant ouatemille heures par semaine dans ses jeunes années, penserez-vous. Eh bien détrompez-vous. Une hantise habitant mon corps habita mon corps.

À vrai dire, ce n'est pas réellement le risque de tomber, de glisser, voire de me faire mal, qui m'apeurait. C'était plutôt le caractère ridicule de l'éventuelle situation. Imaginer un instant sentir la semelle de ma chaussure droite déraper, la voir projetée en avant, entraînant par la force physique le reste de mon corps en arrière et laissant mon coccyx heurter violemment le goudron gelé, me rongeait la bonne humeur. J'ai donc particulièrement exacerbé ma lenteur de marche, qui, d'ordinaire, est inexistante, durant les deux jours qui suivirent la tombée de la neige, comme le chantaient si bien Salvator et Adamo.

Malheureusement, mon attention, ma concentration, ma garde et ma méfiance m'ont quelque peu lâché ce jour dernier, constatant la disparition de l'état glissant des trottoirs lyonnais. Ma démarche s'en trouva beaucoup plus guillerette, mes petits pas sautillant machinalement à travers la ville. Mon esprit libéré du poids de la peur, je décidai inconsciemment de monter les marches de l'escalator, alors même que celui-ci était en marche, chose que je ne fais absolument jamais. D'habitude, je ne boude pas mon plaisir de faire une pause dans ma balade à pied, en laissant l'escalator faire son travail tout seul. Oui mais voilà, en ce jour de janvier, j'ai décidé de monter l'escalator.

Cette initiative fut une erreur de jugement. Ma chaussure droite a dérapé, faute de glace, sur le rebord d'une marche de l'escalator, remarquant au passage que les marches de l'escalator ne respectent probablement pas le nombre d'or, tant elles sont hautes et inesthétiques. Mon tronc s'est déséquilibré, j'ai basculé en avant et ai dû me retenir avec les mains pour éviter le vautrage pur et simple. Par instinct de survie et réflexe orgueilleux, je me suis retourné pour voir si des passants avaient pu assister à ce malencontreux accident. Il semble que non puisque l'heure de pointe était déjà passée. Un sentiment de honte absolue s'est alors emparé de moi, un peu comme quand vous sortez des waters publics et que vous cédez la place à quelqu'un derrière votre porte, lui laissant croire que c'est vous qui avez tapissé les chiottes de merde lors de votre passage.

Je suis bien fier de ne pas avoir glissé sur le sol gelé, tiens.

22 nov. 2009

Dimanche, c'est brocante

De la même manière que je suis allé dans un bal de village pour la première fois de ma vie à 20 ans, je me suis rendu, aujourd'hui, pour la première fois de ma vie, dans une brocante. Attention, je ne parle pas du petit vide-greniers du village, visité au hasard de la promenade du dimanche avec papy et mamy. Oh non. Je parle bien de la bonne vieille brocante couplée au vide-greniers de tous les greniers du coin, organisée sur deux jours. Le truc énorme, quoi. J'en suis encore tout retourné et tout malheureux de ne pas avoir découvert ça plus tôt, comme bien d'autres choses, d'ailleurs.

Avant d'entrer dans la grande salle ruisselant de pépites, on sent déjà qu'on va vivre un moment grandiose. Des dizaines de mamans sont là, à discuter devant la porte d'entrée, la poussette à la main. Le deuxième enfant, étant plus grand, tient la deuxième main de la maman. L'ambiance est conviviale, on parle fort, on discute de ce qu'on a acheté et on rit à gorge déployée. Puis on entre dans la grande salle où sont entassées toutes les vieilleries pour lesquelles on s'est déplacé. On respire un mélange de merguez grillée, de fumée et de café artisanal. C'est normal, le bar/buvette est situé à l'entrée, où sont réunis tous les plus de 70 ans et les maris des mamans de dehors qui en sont probablement tous à leur huitième verre de Beaujolais nouveau. On en zapperait presque qu'on est accueilli par un superbe live de Michèle Torr enregistré à l'Olympia en 2002. Le brouhaha est tel que personne ne prête attention à la musique.

Plus on avance dans la grande salle, plus l'odeur de graille s'atténue. C'est une délicate odeur de vieux et de naphtaline qui vient chatouiller nos frèles narines. On déambule entre les babioles de grand-mère, les services de vaisselle en faïence, les fringues portées par trois générations de grands gaillards, les Paris Match de 1956 aussi grands qu'un Libé d'aujourd'hui, ou encore les machines à écrire désuettes et autres Minitel pour les fétichistes des vieux trucs.

Puis, à force de voir tous ces Jacky gens chiner, j'ai compris la joie qu'ils pouvaient ressentir en voyant un objet. Un simple bibelot peut en effet procurer une joie incommensurable tant il peut raviver des souvenirs d'enfance. C'est là que mon regard moqueur s'est peu à peu transformé en tendresse portée sur ces personnes qui occupent leur dimanche en fouillant dans le passé pour espérer retrouver le goût de leur bonheur perdu. Mon bonheur à moi, c'est d'avoir pu me procurer, pour une modique somme, des 45 tours et des singles. Je suis encore novice, mais je sens déjà que ça va me plaire.

Une chanson culte de la belle Karen

La meilleure chanson de Karen

L'incontournable


Le verso de Bébé Rock de Jeanne Mas (oui, on était moins regardant, avant)

Une petite sélection du meilleur des années 1990

19 juil. 2009

Même jour, même heure, même pommes

Il y a les gens normaux, qui, pour maigrir, font du sport et mangent des repas équilibrés au printemps. Et puis il y a moi, qui, pour maigrir, commence un régime affreux à base de pommes, en plein été.

J'aurais pu me lancer dans la folie Weight Watchers, peser mes 60 grammes quotidiens de pain et l'équivalent en viandes et produits laitiers. J'aurais pu aussi lire Comment j'a perdu 10 kilos en 3 mois... de Sophie Favier et Comment je les ai repris en 3 semaines..., mais je ne me sentais pas vraiment d'attaque à supporter de la grande littérature. J'ai donc décidé de prendre mon destin en main et suivi la méthode du docteur Ellis, à base de pommes cuites. Je sais, ça vend du rêve, comme on dit.

Le problème, c'est que le régime de pommes cuites, c'est juste insupportable au bout de trois jours. Le programme à respecter est simple : il suffit de ne manger que des pommes cuites pendant trois jours, et rien d'autre. En guise de compensation, le gentil docteur Ellis prescrit de manger son mets à satiété. Un savant mélange de Golden, Gala et autres Granny cuites à l'eau, auxquelles on peut ajouter un zeste de citron, quelques cuillérées de purée de sésame et de la cannelle. Détestant la cannelle et ayant goûté cet affreuse chose verdâtre qu'est la purée de sésame, j'ai donc carburé à la pomme cuite nature, plus ou moins zestée de citron, pendant trois jours.

Bien sûr, ce régime m'a fait perdre 1,5 kilos en trois jours, mais à quel prix. Et je ne suis pas dupe. Je sais bien que dès demain, après une journée nutritive saine mais normale, j'aurais déjà repris 7 kilos. Le premier matin, c'est rigolo. J'ai remplacé mes Chocapic par des pommes cuites (enfin, j'ai pas plongé mes pommes cuites dans mon bol de lait, hein, c'est une façon de parler, je n'ai pas pris de lait). Le premier midi, ça va encore parce qu'on est motivé. Au goûter, on commence à se lasser, mais on résiste et on mange une collation. Une pomme, par exemple. Et le soir, ça devient vraiment difficile. On a juste envie de se jeter sur la boîte de ravioli qui traîne dans le placard. Mais non.

Le deuxième jour, la volonté de tenir le coup est encore plus mise à mal. On n'a tellement plus envie d'ingurgiter ces maudites pommes cuites qu'on mangerait n'importe quoi : le biscuit d'une tartelette aux pommes, la pâte d'un chausson aux pommes, le caramel d'une pomme d'amour, tout. Quant au troisième jour, il est horrible. J'ai passé la journée à me traîner, mou, à chercher des avantages à cette méthode de pommes cuites. Mis à part le fait qu'au bout de trois jours, on a l'impression de pisser du cidre, je ne vois pas. Au final, je n'ai pas pu tenir jusqu'au soir du troisième jour. J'ai craqué. Raisonnablement, mais j'ai craqué. Je suis faible.

3 juil. 2009

Liquéfaction instantanée

Voici encore un post qui parle de moi. J'avoue que ça ne me ressemble pas vraiment d'étaler mes états d'âme. C'est sans doute dû à la chaleur qui me tape sur le système et qui me fait raconter n'importe quoi au monde entier. Le soleil (soleil) brûle mon cerveau, qui, dès lors, n'est plus capable de me raisonner.

Le paradoxe d'un Rhum Raisin normal est qu'il peut autant se sentir à l'aise avec quelqu'un que mal à l'aise. Chacun peut se sentir destabilisé face à une personne qui impressionne/ qui fait peur/ qui attire. Mon gros problème à moi est que je peux devenir totalement teubé devant quelqu'un qui m'impressionne/ qui me fait peur/ qui m'attire. Je peux me retrouver en face de cette personne et ne totaliser plus que trois mots dans mon vocabulaire, ce qui me fait automatiquement passer pour un niais. Je peux parfois sourire bêtement, aussi. Ajoutez à cela une trentaine de degrés, un air moîte et une transpiration qui s'accélère, et les dessous de manches de mon polo rose pâle peuvent vite virer au fuchsia.

Cette situation embarrassante (sans la transpiration accrue, pour cause de bus climatisé) s'est produite ce soir, en rentrant du boulot, dans le bus, justement. Or, là, ce n'est pas une personne qui m'impressionne/ qui me fait peur/ qui m'attire que j'ai croisée. Il s'agit seulement de Marie. Cette Marie-là, je ne l'avais pas revue depuis douze ou treize ans. A l'époque, quand nous faisions du théâtre ensemble, je m'entendais bien avec Marie. Nous nous sommes d'ailleurs quittés en bons termes. Et depuis, plus rien. Nous ne nous sommes jamais reparlé, jamais recroisés, jamais envoyé de sms pour une raison simple : il y a douze ou treize ans, nous n'avions ni l'un ni l'autre de portable, d'où la difficulté d'avoir l'idée de s'échanger les numéros de téléphone.

Là se tient un autre pan de ma personnalité que j'arrive moi-même assez mal à comprendre. Lorsque je croise quelqu'un de ma vie d'avant, avec qui je n'ai eu aucune relation amicale ou autre depuis des années, je suis gêné. Et gêné est un euphémisme. Je ne sais pas quoi lui dire, quoi lui raconter, ni même quelle attitude adopter. Un sourire, une ignorance, un discret Bonjour... Je ne sais pas. Parfois je me dis que je préfèrerais mille fois croiser mon pire ennemi de tous les temps, que je n'ai pas croisé depuis des années non plus, parce qu'au moins je sais que ma réaction ne serait pas ambigüe; nous nous ignorerions, point.

Mais là, j'ai croisé Marie. J'étais tranquillement assis dans le bus quand elle est montée. J'ai immédiatement tourné la tête vers la fenêtre, le plus possible pour qu'elle ne voie que mes cheveux et ma nuque, afin qu'elle ne me dise pas Tiens Rhum, ça fait longtemps, bla bla bla, gnin gnin gnin gnin... Et là, la conne, elle se plante juste à côté de moi, debout, presque face à mon profil. Moi, je n'avais toujours rien à lui dire. Et j'ai prié pour qu'elle ne me reconnaisse pas. Parce que oui, on s'aimait bien avant, mais c'est si loin maintenant. Je pensais, ô malheureux que je suis, qu'elle allait descendre à un arrêt antérieur au mien, afin que je puisse descendre à mon tour, paisiblement.

Mais non. Mon arrêt est arrivé et Marie n'est pas partie. On aurait dit que Marie prenait un malin plaisir à me voir le cou tourné, prêt à me déclencher un torticolis pour les besoins de ma planque de fortune. Un arrêt. Deux arrêts. Puis trois. Quatre. Cinq. Marie est descendue cinq arrêts après le mien. Il a donc fallu que j'attende le sixième arrêt après le mien pour pouvoir enfin tourner ma tête et sortir de ce pu§!$?\in de bus. Tout ça pour éviter de croiser son regard et partir dans une conversation stérile à parler de nos actualités mutuelles, alors qu'on se porte très bien, chacun de notre côté, sans savoir de quoi sont composées nos vies respectives. Parfois, je suis triste de réagir comme ça. Mais je me console en me disant que, au moins, mon polo rose n'est pas devenu fuchsia à cause de maudites auréoles de transpiration causées par un stress intense indomptable à la vue de quelqu'un qui m'impressionne/ qui me fait peur/ qui m'attire ou, donc, que je n'ai pas vu depuis très longtemps.

Non, je ne veux pas t'induire en erreur. Ce n'est toujours pas moi, là, en photo. Je suis un peu moins bronzé en vrai.

29 juin 2009

Vois comme c'est dur de t'étonner

Se soustraire à des règles d'hygiène démesurées, s'infliger une vie d'ascète, tendre à une existence saine et bien rangée... telles sont trois des ouatemille articles de bonne conduite de Rhum Raisin. Malgré cela, la douleur s'abat régulièrement sur mes pauvres petites épaules. À croire que faire du sport et s'entretenir n'offre aucune récompense, pire, vous punit sévèrement.

Oh non, je ne parle pas de ces poussières d'yeux qui me pourrissent mes soirées télé, seul à me frotter les yeux à en faire des énormes litchis douloureux. Je ne parle pas non plus de cette mâchoire qui me fait si mal après ces longues heures passées à faire je ne sais quoi avec la bouche, m'infligeant a posteriori cette désagréable sensation d'avoir mâché du chewing-gum dur vingt-quatre heures sur vingt-quatre depuis huit jours. Je ne parle toujours pas de cette douleur au coeur qui me lance si fort parfois que j'ai l'impression de me diriger tout droit vers l'infarctus à un âge où la crise cardiaque fatale est une cause de décès assez peu répandue. Non, ce qui me couvre de douleur depuis trois jours, je vais t'étonner, cher lecteur, chère lectrice, c'est que je tétonne.

Aussi curieux que cela puisse paraître, tétonner ne fait pas un bien fou. Au contraire. Cette douce sensation qu'on vous mutile les tétons en les râpant sadiquement avec une râpe à noix de muscade est un terrible supplice qui vous fait sortir les larmes sans forcer. Mais comment est-ce possible de souffrir autant des tétons quand on est de sexe masculin, qu'on n'a pas de bébé qui aspire du lait sans se rendre compte que ça ne procure pas forcément de plaisir au sein, et qu'on n'a pas de piercing qui aurait dégénéré et déclenché une malencontreuse infection de pus jaunâtre au bout du téton ? J'avoue que je suis encore perplexe.

Il se trouve que vendredi soir, vers 21 heures, je suis sorti courir au parc. Je suis sorti courir tard pour oser espérer un minimum de passants. Fièrement vêtu de mon short et de mon t-shirt blanc col en V, je suis parti trottinant joyeusement parmi les feuilles des arbres de la ville et le vent léger. Malheureusement, plus je m'éloignais de mon domicile et plus je remarquais que de vilains nuages noirs se dessinaient d'une manière persistante à travers le ciel auparavant si bleu. Mon pressentiment s'est révélé juste. Alors que mon rythme cardiaque s'accélérait au fur et à mesure que mon pas se pressait, des gouttelettes venaient s'échouer sur mon visage, tel des mini-brumisateurs bénéfiques au teint de ma peau. Puis il s'est soudain mis franchement à pleuvoir des gouttes énormes.

Bravant la météo défavorable, j'ai décidé de continuer ma course effrénée en faisant des enjambées aussi grandes que mes jambes pouvaient me le permettre. Tel un héros des temps modernes, je courais sous la pluie, sans jamais m'abriter. La pluie est stimulante. Elle procure un plaisir qui fait qu'on n'est pas essoufflé et qu'on est heureux de courir, comme si c'était un exploît. Tu te dis certainement, cher lecteur, chère lectrice, que je m'égare et m'éloigne dangereusement de mon histoire de douleur aux tétons. Et pourtant non, j'y arrive.

En courant sous l'eau, j'étais devenu en quelque sorte une grosse flaque. Un peu comme si je dégoulinait de sueur comme un footballeur après son match ou comme un Johnny Hallyday après son concert, sauf que moi, ce n'était pas de la transpiration. Le gros problème intime que je traîne comme un boulet depuis des années et que j'avais un peu oublié, c'est que mes tétons ne supportent pas le contact avec un tissu mouillé. Or le frottement du t-shirt blanc col en V a déclenché une réaction que je maudis encore à l'heure actuelle. Le perpétuel effleurement du tissu sur la protubérance tétonne a eu raison de ma bonne humeur et a provoqué une irritation insoutenable.

Ces quelques mots peuvent paraître anodins mais ils sont le fruit d'une détresse profonde qui me pousse à me demander quelle est cette douleur, docteur. Je ressens comme un arrachement des tétons à chaque un instant, en particulier lors de la douche, comme si on les grattait jusqu'au sang, comme si on les pressait avec des ongles pointus. Si un médecin passe par là, merci de m'indiquer comment calmer ce mal. Je suis confus d'avoir étalé mon intimité ainsi, mais ce cri était une façon de partager ma douleur.

(Et dire qu'on va vraiment finir par croire que je suis toujours le modèle de mes illsutrations...)

31 mai 2009

Le grand plongeon

Aujourd'hui, j'ai fait quelque chose que je n'avais pas fait depuis bien longtemps.

(Suspense...)

Tout le monde dit que l'été, c'est bien. Il fait beau. Il fait chaud. Il fait jour très tard. Il fait soleil (soleil). Peut-être. Mais moi je n'aime pas. Parce qu'il fait beaucoup trop chaud. Et à la fin du mois de mai, on arrive irrémédiablement dans cette période où la chaleur s'installe de force au sein de mon foyer, même quand je ferme les volets. Et le soleil (soleil) cogne sur ma tête et sur mes tempes qui prient pour ne pas transpirer. Mais voilà, c'est un fait, il va falloir supporter cette situation. Et pour mieux appréhender cette saison détestable qui arrive à grands pas, rien de tel que la piscine. Mais quand on n'est pas à l'aise avec son corps, c'est un véritable parcours du combattant.

Et pourtant... Après quelque huit jours semaines mois années d'absence à la piscine, j'ai osé y retourner, aujourd'hui, bravant mon trac, ma pudibonderie et ma peur. Et là, présentement, je me sens bien.

J'ai bien évidemment pris soin, au préalable, de dire à qui voulait bien m'entendre que j'allais passer l'après-midi à travailler chez moi, dans l'obscurité formée par les volets baissés. Si j'avais eu la mauvaise idée d'avouer que j'allais passer mon temps à la piscine olympique de V., une partie de mes cyniques connaissances se seraient empressées, connaissant ma pudeur extrême, de se rendre à cette piscine, ne serait-ce que pour - enfin - m'admirer me voir en maillot de bain.

Je me suis retrouvé dans ma petite case qui me servit de vestiaire individuel. Là, j'ai enfilé mon joli boxer de bain neuf, acheté la veille. Il aurait été, en effet, assez incongru de revêtir celui qui était le mien il y a huit ans, trop usé d'avoir si peu servi. Puis je suis sorti, ai choisi le placard 74, ai rangé mon sac et mes chaussures de ville à l'intérieur, ai placé une pièce d'un euro dans la fente, puis ai refermé le placard. Je me suis ensuite rendu sous la douche, où, fort heureusement, personne - ou si peu - ne m'a croisé.

Puis je suis entré lascivement dans la grande pièce qui sentait le chlore, le torse fraîchement épilé et divinement huilé. Ma paranoïa me faisant imaginer que tous les regards étaient braqués sur moi, j'ai paniqué. Je n'ai pas réfléchi. J'ai couru et j'ai sauté le plus vite possible dans l'eau, seul endroit où j'étais moins visible qu'au bord de l'eau, presque nu. Là, forcément, j'avais oublié mes lunettes de piscine, et mes yeux me piquaient. Mais étant coincé dans l'eau, je suis resté.

Et j'ai commencé à nager. La brasse, le crawl, le papillon, puis sur le dos. Tous les mouvements et les respirations me sont revenus instantanément. Et je nageais, comme un poisson, dépassant les nageurs appliqués, et ceux qui ne mettaient pas la tête sous l'eau, si bien qu'une quarantaine de longueurs plus tard, j'ai fait une séance d'étirements aquatique, comme le font les grands sportifs.

Bon, en vrai, le paragraphe sus-écrit est entièrement faux. Au bout de ma première longueur de cinquante mètres, j'étais essoufflé comme un ventilateur. Du coup, je me suis appuyé sur la ligne de flotteurs qui sépare les couloirs et j'ai attendu. L'important était d'y aller à mon rythme. Et j'ai donc nagé lentement. Très lentement, mais j'ai nagé, ce qui m'a permis d'observer des détails que l'on n'observe pas en étant un professionnel de la piscine.

C'est incroyable le nombre de gens qui abandonnent spontanément leur chaude salive dans l'eau chlorée. À chaque respiration, ils ont un excès de bave qui sort de leur bouche humide, et ils la crachent avec un manque de dignité notable. Bien souvent, cette bave étant plus épaisse que l'eau dans laquelle ils flottent, elle ne se détache pas immédiatement des lèvres de la personne, et se déforme ainsi en long filet que seule la personne en face, à savoir moi, peut rompre. L'autre désagrément vient principalement des caïds qui nagent douze fois plus vite que vous et qui vous doublent avec une rapidité impossible en faisant des gestes gigantesques. Résultat, il n'est pas rare de se ramasser des coups de pieds et de coups de doigts en plein dans les flancs, dans les cuisses, voire pire.

Finalement, oser revenir à la piscine redonne confiance en soi et permet de constater qu'il y a pire que soi. J'ai aussi remarqué avec intérêt, et après moult observations poussées, que les maillots de bain ne sont pas tous remplis aussi généreusement. J'ai enfin vu qu'en 2009, dans les douches communes masculines - parce que je ne me suis pas aventuré dans les douches féminines, je suis bien élevé - il existe encore des personnes qui osent carrément ôter leur slip pour bien frotter le gel moussant.

Fier de mon expédition risquée à la piscine, je suis sorti heureux, content d'avoir cumulé mes deux kilomètres (quand même!) à la nage. Et, en sortant de mon vestiaire de rhabillage, étonnamment courbaturé, j'ai remarqué que mes chaussures avaient laissé des traces sales sur le sol mouillé. N'étant pas entré dans une piscine depuis tant de temps, j'avais oublié qu'on devait se rechausser après être sorti du vestiaire. Et j'ai eu honte de laisser ces grosses traces dégueu. Encore une fois, j'ai paniqué. Je n'ai pas réfléchi. J'ai couru et je suis vite rentré chez moi. Du coup, je ne suis pas certain d'y retourner de sitôt.

(Non, cette fois encore, je ne suis pas le modèle de cette illustration...)

28 avr. 2009

Le jour où Europe 1 se délocalise à Lyon

Parce qu'un débile m'a dit, un jour, que je ressemblais à Henry-Jean Servat, je me suis mis à me passionner pour les stars. Passionner est probablement un peu excessif, mais toujours-est-il que toute l'équipe de Europe 1 s'étant déplacée à Lyon pour une journée, je ne pouvais pas rater l'occasion. Ils étaient tous là. Je ne peux donc pas résister à l'idée de vous montrer mes photos d'eux et moi. Pour me voir, il va falloir encore se farcir quelques lignes, désolé. (Sauf si bien sûr, cher lecteur, chère lectrice, tu fonces directement en bas de page, et dans ce cas-là, c'est pas du jeu)

Tout a commencé à six heures quarante-cinq au Virgin Megastore de Bellecour, lorsque les gros bras ont décadenassé la grille en fer noire. Une foule de gens - dont moi - aux cheveux humidifiés par la pluie matinale - à part moi - s'est alors jetée sur les vingt chaises placées en face du studio radio tout ouvert. J'étais assis presque devant, et mcôté peste - parce que j'en ai un - jubilait de voir des gens debout et fatigués déjà de devoir rester ainsi pendant deux heures trente, le temps que Marc-Olivier Fogiel fasse sa matinale. Oui, mais voilà. Marc-O a un peu mal commencé son émission. Au lieu de lancer un innocent Bienvenue dans la capitale des Gaules (NdRR: Lyon), il a lancé un gai Bienvenue dans la capitale de la Gaule, ce qui jette forcément un froid.

Heureusement, l'animateur s'est bien rattrapé et a été absolument génial, comme à son habitude - je suis particulièrement fier de sa gentille dédicace (Pour Rhum, l'excellent) -, aux côté de Julie, égale à elle-même. Jean-Pierre Elkabbach et Nicolas Canteloup ont apporté leur pierre à l'édifice de plaisir qui a jailli en moi lorsqu'à débarqué Clovis Cornillac. Il y avait mille acteurs qui m'auraient tellement fait plaisir. Eh bien non. Pour leur délocalisation à Lyon, ils ont choisi Clovis Cornillac. C'est un plaisir de voir son sosie pour de vrai.

Et puis Michel Drucker a débarqué avec ses cheveux gris et ses bons sentiments. C'est bien rigolo de voir Michel Drucker en chair et en os, mais l'entendre parler de saucisson pendant une heure trente avec Jean-Luc Petitrenaud, je ne cache pas que c'est un peu longuet. Ce qui est bien plus rigolo c'est d'échanger cinq mots avec lui. "Bonjour, comment t'appelles-tu? / Rhum / Formidable. Et tu as quel âge, Rhum? / 23 ans / Formidable. Passe une bonne journée, Rhum / Merci". Oui, il s'en passe des choses dans ma vie!

Puis Jean-Marc Morandini s'est pointé. Il a parlé télé, bien sûr, c'est ce qui est le plus intéressant. Je comprends désormais pourquoi je n'écoute plus la tranche 11/14 d'Europe 1. C'est bien trop long, et les auditeurs ont bien trop la parole, et c'est chiant. Étonnamment, JMM a casé un sujet-débat sur le mariage gay. Au final, j'ai aussi réussi à obtenir une photo à ses côtés, malgré son temps extrêmement minuté. Je le regrette amèrement maintenant, puisque j'ai vraiment l'impression de mesurer un mètre zéro zéro à côté de lui. Mais bon, passons.

Passons également la tranche de Jacques Pradel, puis celle de Faustine Bollaert, même si elle recevait Louisy Joseph et son inimitable Rassis par terre. La bonne surprise de la journée, après le génialissime Marc-O, fut indiscutablement le On va s'gêner de Laurent Ruquier et sa bande, où je n'imaginais pas autant rire. Pierre Bénichou, Claude Sarraute, Titoff avec deux f, Jérôme Bonaldi, Elsa Fayer et Jérémy Michalak ont été particulièrement drôles.

J'ai délibérément décidé de ne pas assister à l'émission de Marie Drucker et Patrick Cohen pour cause d'épuisement, ni à celle d'Alexandre Delpérier pour cause de total désintérêt pour Karim Benzéma, son prestigieux invité. Au final, cette plongée d'Europe 1 en plein coeur des Gaules m'a bien plu. Malgré les effluves d'absence de déodorant, malgré les petites vieilles qui piquent ma chaise dès que ma deuxième fesse a décollé, et malgré Laurent Cabrol qui a pris vingt ans dans les dents depuis que Marie-Ange N. lui a volé son Téléshopping, j'ai aimé mon éprouvante journée. C'est pourquoi, je te propose, cher lecteur, chère lectrice, d'apprécier - enfin - les photos du vrai Rhum Raisin aux côtés des stars d'Europe 1*.

* Veuillez excuser mon photographe. Il est nul en cadrage.

29 mars 2009

Bienvenue au goulag

Quand la fin du week-end est là, c'est que le début de la semaine n'est pas loin. Sur cette maxime hautement philosophique, j'ai envie de faire oublier les tracas des travailleurs du lundi, de rappeler à chacun qu'il y a toujours pire que soi. Même si le moral n'est pas au beau fixe comme à chaque début de semaine, sache, cher lecteur, chère lectrice, que, durant mon stage, j'ai été moins bien loti que toi. Oh non, je ne me plains pas; j'exprime juste au monde entier ma douleur intérieure d'avoir côtoyé de si près un univers professionnel aussi abominable.

Toi qui te sens brimé(e), escroqué(e), écrasé(e), lesé(e) et autres mots en é (à part pâté et kristofmahé), sache que tu n'es pas le (la) seul(e). Le harcèlement au bureau, c'est beaucoup plus commun qu'on ne le pense. Mon stage ayant été horrible, je me permets d'être le saute-ruisseau de mon propre calvaire. Un calvaire qui a duré dix semaines, mais qui, en fait, se résume au premier jour. Ce lundi premier-jour, je reçois le règlement intérieur des mains-mêmes du patron de l'entreprise. Je comprends instantanément que je suis tombé chez les tarés. Je t'offre, cher lecteur, cher lectrice, un petit florilège des articles de ce règlement intérieur.

Article 7 - (...) Dans toutes les hypothèses, les salariés travaillant dans le même espace ne peuvent pas prendre leur pause en même temps. Ils prennent leur pause à tour de rôle en fonction des impératifs de travail énoncés par la direction.

(Forcément, c'est tellement plus sympa de faire une pause seul, de ne parler à personne pendant que tu bois ton café en face de la machine.)

Article 10 - L'espace de travail étant commun et ouvert, les salariés sont priés de réduire leurs bavardages aux échanges verbaux strictement nécessaires à l'exécution de leurs tâches. Ils n'ont pas à étaler leur vie privée, leurs difficultés du jour, leurs états d'âme du moment entre eux.

(Autrement dit, interdiction de parler librement, de demander des nouvelles de ses collègues, limite de dire Bonjour en arrivant le matin, puisque ce n'est pas une paroles "nécessaire à l'exécution [des] tâches". Une vraie bonne ambiance, donc...)

Article 13 - Aucune personnalisation de son bureau n'est autorisée. Aucun affichage sauvage ne sera toléré sur les murs de l'espace de travail ou sur les ordinateurs. Aucun post-it ou autre document ne sera placardé au mur.

(Il va de soi que les fonds d'écran personnels et les économiseurs d'écran étaient également prohibés.)

Article 14 - Les écrans d'ordinateurs devront être toujours face au plan de travail. (...) Ceux-ci ne peuvent pas être disposés en angle mort.

(Cet article implique que les patrons puissent à tout moment jeter un coup d'oeil sur l'écran des employés. On ne sait jamais, des fois que je me sois fait un petit porno au bureau, avec les patrons dans la même pièce que moi.)

Article 16 - L'usage d'un déodorant est obligatoire pour ne pas incommoder ses collègues de bureau.

(Je suis très porté sur l'hygiène. En revanche, je ne crois pas qu'un patron ait le droit d'obliger une telle chose à ses salariés.)

Article 23 - Les chewing-gums sont interdits. Les canettes sont interdites. (...) Aucun consommable utilisé (sachet de thé, emballage lingettes, papier sucre, bâtonnets de sucette...) ne doit traîner sur les bureaux ou dans les tasses et les soucoupes. Les sachets de thé, d'infusions ou autres boissons seront pliés dans un papier avant d'être jetés à la poubelle.

(Oui, je sais, ça donne envie de travailler là-bas...)

Article 24 - Les pauses cigarettes seront prises en-dehors des tranches horaires de présence.

(Fumer une cigarette en-dehors du temps de travail, voilà une belle définition du mot pause...)

Et enfin, j'ai gardé mon passage préféré pour la fin :

Article 12 - (...) Il est interdit de manger ses stylos, attitude qui accélère leur usure et donne une image déplorable aux visiteurs.

(Je l'avoue, j'en suis resté coi.)

27 janv. 2009

Rugissement de plaisir

Ne me demande pas, ô lecteur, ô lectrice, pourquoi je deviens un grand de ce monde. Par un parfait hasard, je me suis retrouvé, hier soir, dans le public d'une remise de prix. Bien sûr, il faudra encore que je roule longtemps ma bosse avant d'assister aux NRJ Music Awards ou aux César. Moi, j'ai vu en direct de mon fauteuil rouge les Lions du Sport 2009. (Hé hé, je sais, tu me jalouses...)

Les Lions du Sport, depuis cinq ans, ce sont les meilleurs joueurs d'un club lyonnais qui se sont illustrés au cours de l'année passée. Il y a la remise du Lion de bronze, puis celui du Lion d'argent, et enfin, celui du Lion d'or. Pour ton information, cher lecteur, cher lectrice, sache que le Lion de bronze a été décerné à deux ex-aequo : le pongiste Christophe Durand et le champion de France de tir Fabien Amar. Sache également que le patinage est enfin récompensé, par l'entremise du Lion d'argent, décerné au couple Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder. Le Lion d'or revient, lui aussi, à deux sportifs ex-aequo: l'avant-centre international de l'Olympique Lyonnais Karim Benzema et le gymnaste Yann Cucherat.

Karim Benzema, Gérard Collomb, Yann Cucherat (©Rhum Raisin)

Mais la petite cerise sur le gros gâteau, fut probablement, pour tout quidam que le sport indiffère un peu, la présence de deux stars interplanétaires nationales régionales, j'ai nommé Louisy Joseph et Maréva Galanter. La première a eu le droit de chanter bourrée ses deux chansons solo, Imagine de John Lennon, et Rassis par terre. La deuxième a sussurré le premier extrait de son deuxième album, Miss you. Et là, révélation : Maréva m'a conquis.

Louisy Joseph, Maréva Galanter (©Rhum Raisin)

Il faut bien dire que depuis que je regarde Do you do you scopitone sur Paris Première, je trouve Maréva Galanter parfaite, subtile et drôle. Cette petite soirée improvisée au coeur de la transpiration glam lyonnaise m'a mis en appétît. Désormais, je veux de la star. Si j'existe, ma vie, c'est d'être fan... Ah! Que c'est beau de rêver. Comme si un jour j'allais rencontrer des Sheryfa Luna, des Claire Keim et autres Nagui... Il faut que j'arrête de me faire des films.

10 janv. 2009

Petit pot de beurre, quand te dépetit-pot-de-beurreriseras-tu ?

Aujourd’hui, c’est la cinquième journée nationale de l’obésité infantile. Un enfant sur cinq est en surcharge pondérale. Je n’ai jamais été obèse, mais je me suis toujours senti gros. Et résultat, je perds la soif d’être heureux, et donc, je me goinfre, et donc je grossis. Un joli cercle vicieux.

Mais aujourd’hui, avec mes dix-neuf kilogrammes pris pendant les fêtes de fin d’année, j’ai décidé de faire un régime strict. M’imaginer dans vingt-cinq ans, la chemise à carreaux, et la bedaine sortant par-dessus ma ceinture en cuir marron, non merci.

Parce que combattre l’obésité infantile passe par combattre les premiers kilos superflus, il faut dès le plus jeune âge faire attention à son alimentation. Pour ne pas se faire traiter de p’tit gros dans la cour de récré, Rhum Raisin allait manger ses BN dans sa boîte en plastique dans un coin de la cour.

Depuis Rhum Raisin essaie de faire attention à ce qu’il mange. Même s’il ne mange pas tous les jours ses cinq fruits et légumes recommandés par Roselyne B., il ne sombre plus dans l’excès, et écoute les conseils de Cyril Lignac quand il passe à la télé. Il sait qu’il ne ressemblera jamais à Guy Carlier, mais quand même.

Alors toi, petit garçon enrobé qui lis ce texte et qui n’a pas envie de te cauetiser, et toi, petite fille aux joues potelées qui n’as pas envie de te mariannejamesiser, cette journée anti-obésité est faite pour toi ! Je te propose de tordre le cou à ces satanées Lay’s et autres tablettes de Crunch qui te font prendre un kilogramme rien qu’en bavant. Pour cela, fais du sport, comme moi. Par exemple, fais bouger tes doigts agiles sur le clavier d’ordinateur, tu verras, c’est épuisant.

(Naïf que tu es, naïve que tu es... Ce n'est bien évidemment pas Rhum Raisin sur la photo dans le deuxième paragraphe...)

7 janv. 2009

La bonne étoile

L'avantage quand on est stagiaire, c'est qu'on a en général tous les inconvénients d'un salarié, sans les avantages. Je ne dis pas ça parce que j'ai eu aujourd'hui un gros avantage saupoudré d'une pincée d'inconvénients, mais quand même.

Quand on fait le métier que je ne fais pas encore, on est amené à rencontrer des gens. Parfois on serre des mains (en s'essuyant discrètement après), on sourit poliment, on rit aux blagues douteuses des vieux drôles. Et parfois on ne dit rien parce qu'on se sent un peu dans un autre monde, dans une autre vie, quand les nuits seront plus longues, plus longues que mes nuits.

Dans le cadre de mon stage, j'ai déjeuné dans le restaurant d'un chef étoilé, tous frais payés. Chez M., à L. Je passerai rapidement sur le fait que c'était absolument exquis, que j'ai à nouveau pris sept kilogrammes, que les vins étaient d'une délicatesse divine, que ces amuse-bouches étaient originaux et délicieux, que ce Mi-choco caramel avec son lait mousseux à la vanille était d'un raffinement incroyable. Ce qui m'a surtout marqué, ce sont ces imbuvables convives qui partageaient ma nappe. Déjeuner aux côtés d'une trentaine de personnes en sachant que l'on fait vertigineusement chuter la moyenne d'âge n'aide déjà pas à débuter le repas dans la quiétude la plus sereine.

Je ne sais pas si tous mes déjeuners professionnels seront comme celui-ci, mais en tout cas, je saurais désormais que l'hypocrisie est de mise. Paraître heureux de discuter avec cette vieille dame, bien conservée, mais ultra botoxée, qui raconte fièrement sa vie sexuelle avec ses gigolos. Faire semblant de rire de bon coeur aux boutades graveleuses et salaces du ventripotent monsieur qui fait office de coin de table. Et enfin ne pas être choqué quand ce même gros monsieur à la carte de crédit bien grasse lance des vannes sur les pauvres enfants qui meurent de faim en Afrique en se grattant le nombril, le bras tendu vers l'avant.

J'ai comme l'impression que ces trois mois de stage vont me réjouir. Et dans réjouir, il y a ré. Mais quel est donc ce fabuleux métier auquel se destine le génial Rhum Raisin ? vous dites-vous certainement devant votre écran, la souris dans la main droite. Peut-être le déduirez-vous bien vite...