7 juin 2008

Les sucettes de la honte

Même pour les petits corps pas malades, les voyages en train, ça peut être comme les histoires d'amour. Or, les histoires d'amour finissent mal, en général, comme dans la chanson. Donc par excès de syllogisme, on peut facilement en déduire que les voyages en train finissent mal, en général.

Et là, mon voyage en train d'hier s'est plutôt mal passé. Rassurez-vous, rien de grave, mais juste assez pour me faire cogiter toute la soirée et même encore ce matin. J'ai mesuré à quel point le mot honte était puissant. Rosir de honte, rougir de honte, que dis-je, cramoisir de honte dans le train ne m'était encore jamais arrivé, mais le mal est réparé.

Habitué des trajets en train entre mes deux villes d'habitation, L. et C., j'en profite pour lire des magazines, des livres même. Mais parfois, je suis fatigué, alors je ferme les yeux, comme Najoua Belyzel. Et puis, il y a une troisième possibilité. Elle consiste à insérer des écouteurs au plus près de mes tympans, dans l'unique but de faire profiter à mes oreilles d'un peu de douceurs musicales préalablement enregistrées dans mon téléphone portable. Mes yeux regardent ainsi le paysage, pendant que mon cerveau est bercé par la musique. Et je me laisse emporter.

Oui, mais voilà. Hier, j'avais acheté une barre chocolatée à deux euros au distributeur de la gare de L., et j'ai tout naturellement voulu la déguster. Quatre de mes cinq sens auraient alors été comblés: l'odorat par le parfum du chocolat, le goût par la saveur du caramel, l'ouïe par le voix de mes chanteurs préférés, et la vue par beauté de la nature qui défilait sous mes yeux. Il aurait juste fallu que je me caresse un peu pour que le toucher soit, lui aussi, comblé.

Mais revenons à nos moutons, j'ai donc voulu attraper ma barre chocolatée, délicatement enfouie sous mes affaires, dans mon sac. Ma collation en main, un énorme Atchoum de mon voisin de derrière retentit, me faisant sursauter et échapper ladite collation. Mes réflexes étant bons, j'ai instantanément tendu mon bras droit pour rattraper la barre chocolatée afin qu'elle ne tombe pas par terre. Malheureusement, mon portable avec lequel j'écoutais mes douces chansons se trouvais, lui aussi, dans ma main droite, et les écouteurs se sont débranchés de mon portable, laissant ce dernier diffuser la chanson en cours dans tout le wagon, grâce à ses haut-parleurs très performants.

Je n'aurais pas fait d'histoires si cette mésaventure m'était arrivée lorsque j'écoutais Rihanna ou Renan Luce. Mais mon portable contient aussi des chansons aux qualités plus discutables. Il a fallu que ces p?%@$&! d'écouteurs se débranchent au moment où France Gall susurrait à mon oreille "... sucettes à l'anis d'Annie donnent à ses baisers un goût anisé, lorsque le sucre d'orge...". Paniqué, rouge de honte, ne sachant même plus comment stopper la musique, je tripotai les touches de mon portable pour l'éteindre, en vain. Cette maudite chanson ne s'arrêtait plus.

De toute la fin du voyage, je n'ai pas osé une seule fois regarder dans les yeux mes voisins de wagon. Un garçon de vingt-deux ans qui écoute une telle chanson, ça devrait rester un secret. Arrivé à destination, je suis vite sorti, la queue entre les jambes, comme on dit.

5 juin 2008

Un Top Ten aussi parfait que son auteur (ou presque)

Je le sens, je le sais, ô toi lecteur, ô toi lectrice, tu es blasé(e) par la nouvelle saison de Nouvelle Star, tu es dévasté(e) de voir que le marché du disque se porte très mal, tu es inconsolable à la vue de la trop modeste entrée de Papillon de lumière au Top singles, tu es lassé(e) de ne pas entendre assez de belles nouveautés musicales à la radio entre deux Allo le monde et trois Assis par terre... Moi aussi, je le confesse. C'est pourquoi je vais te guider vers le meilleur. Le tout nouveau Top Ten est là :

N°10 - Femme d'aujourd'hui - Sofia Essaïdi (Cléopâtre, La dernière reine d'Egypte) - C'est exactement le genre de chansons qu'on aime écouter à force de l'écouter, comme sa grande soeur qui lui ressemble beaucoup, Umbrella. Le matraquage a eu raison de moi.

N°9 - Flou de toi - Gilles Gabriel - Si je ne classe pas cette chanson ce mois-ci, je ne pourrai jamais le faire. Cette chanson est à prendre au huitième degré, mais elle porte tellement de références à ce que j'aime des années 80, que je ne peux que la prendre au premier degré, et l'aimer (c'est ce qu'il y a d'plus beau...).

N°8 - Stand up - Garou - Le Québécois aux (très) grandes oreilles revient avec un nouvel album en anglais, et le moins que l'on puisse dire, c'est que les radios ne diffusent pas vraiment le premier extrait. C'est dommage, car c'est étonnamment bon, rythmé et enjoué. En écoutant cette chanson, on s'imagine en charmante compagnie sur une route des Etats-Unis, roulant les vitres ouvertes, le soleil tapant sur sa peau bronzée.

N°7 - Don't you think - Edu del Prado - Le beau Edu se la pète grave dans son clip, mais qu'importe, il maîtrise sa chanson. Il a eu la bonne idée de reprendre le sample d'un morceau de Rod Stewart, remis au goût du jour. Le résultat est convaincant.

N°6 - La parenthèse - Cerena - Je me demande sincèrement pourquoi Cerena ne reçoit qu'un succès d'estime. Elle mérite bien plus. Cette nouvelle chanson est une bonne surprise : elle est fraîche et entraînante. Moins que l'excellente Libre, mais très efficace quand même. (Son myspace)

N°5 - Dis-moi - BB Brunes - Etant un pauvre ermite, presque jamais sorti de ma chambre, je ne savais même pas que Houna était un prénom. Ce prénom est glorifié dans cette chanson. Chères Houna, hormis tout un album des BB Brunes consacré à vous, vous risquez de ne plus entendre de chanson dédiée à vous d'ici un bon bout de temps. Alors profitez-en!

N°4 - Rayon de soleil - William Baldé - Il est possible que cette chanson saoule un peu tout le monde au-delà de trois écoutes par semaine. Néanmoins, il faut souligner la qualité de la mélodie, ainsi que les imitations des deux Bob (Marley et Dylan), et surtout les "alahout" à la fin.

N°3 - Tired of being sorry - Enrique Iglesias feat. Nâdiya - Une musique particulièrement entêtante, des voix plutôt banales, des paroles assez mauvaises. Le cocktail parfait pour faire un tube. J'aime bien.



N°2 - Repenti - Renan Luce - Depuis que le Top Ten existe, je crois que c'est la première fois que les deux premières chansons sont qualitativement si bonnes. Repenti aurait mérité la première place, notamment grâce à ses paroles exceptionnelles. Mon passage préféré est incontestablement Mais aujourd'hui je suis trop vieux, je m'occupe de mes hortensias, c'est étrange comme ils poussent mieux, qu'ai-je bien pu donc enterrer là?



N°1 - Lollipop - Mika - C'est probablement l'ultime extrait de Life in cartoon motion. Je serai tenté de dire que Lollipop est la meilleure chanson de cet incroyablement formidable album, mais je ne vais pas le dire, tant les autres morceaux sont aussi géniaux. Allez, tous en choeur, Suckin' too hard on your lollipop...

2 juin 2008

Ce n'est pas leur job, mais elles sont sexy

Si l'idée de la tête couronnée que vous vous faîtes est une idée d'une vieille dame en tailleur vert pomme avec un diadème démodé, vous n'êtes plus au goût du jour.

Aujourd'hui, pour être une princesse dans l'air du temps, il faut être télégénique. Il faut être belle, glamour, et même sexy. Comme Stéphanie de Monaco !

Je ne dis pas télégénique dans le sens où il faut absolument que le nouveau gotha passe systématiquement à la télé et nous expose son nouveau combat, le rassemblement de fonds pour tenter de réduire la misère dans les pays pauvres d'Afrique, non.
Je dis simplement que les nouvelles futures reines (et mêmes les actuelles) sont censées être plus que présentables dans leur look pour oser imaginer faire rêver la populace. Ni Albert et son flegme, ni Elizabeth et sa garde, ni même Clotilde et sourire figé, ne peuvent rivaliser avec les nouvelles number one...

(PS: ce texte n'est en rien un plagiat éhonté de celui-ci)


Zara Philips (Angleterre)


Charlotte Casiraghi (Monaco)


Madeleine de Proust de Suède


Rania de Jordanie, évidemment

1 juin 2008

Ce n'est pas leur job, mais ils sont sexy

Si l'idée du chef cuisinier que vous vous faîtes est une idée d'un monsieur âgé avec le sourire, joufflu et ventripotent, vous n'êtes plus au goût du jour. Aujourd'hui, pour être un cordon bleu reconnu, il faut être télégénique. Il faut être beau, charmeur, et même sexy. Comme Joël Robuchon !

Je ne dis pas télégénique dans le sens où il faut absolument que les nouveaux cuistots passent à la télé et nous exposent leur nouvelle trouvaille, la compote de foie gras citronnée cuite à l'ail sur lit d'œufs pochés dans l'azote à la banane, non. Je dis simplement que les nouveaux as des fourneaux sont désormais censés être plus que présentables dans leur look pour oser imaginer attirer une clientèle posh et distinguée. Ni Sophie et ses cakes, ni Cyril Lignac et ses cheveux brillants, ni Julie Andrieu et ses sympathiques créations, ne peuvent rivaliser avec les nouveaux number one...

Eric Guérin et ses poétiques plats (son site)



Christophe Michalak et ses patisseries élégantes (son site)



Alexandre Gauthier et sa grenouillère (son site)



Jamie Oliver et sa british coolitude (son site)



Et Gontran Cherrier, évidemment (son site)

27 mai 2008

J'ai jamais préféré aux voisins les voisines

Qu'est-ce que c'est beau cette communion entre voisins, cette façon heureuse de se retrouver autour du pot de l'amitié, ce moment de partage savamment orchestré par le dernier album de Patrick Sébastien! Aujourd'hui, jour européen de la fête des voisins, mon cœur est tellement empli de joie que mon entrain risque de déborder. Résultat, je ne peux décemment pas assister à la rencontre organisée dans ma rue, où tout le monde rit jaune de voir débarquer chaque année le vieux du bout de la rue que personne ne peut blairer.

De toute façon, je me fous un peu de la présence ou non du vieux du bout de la rue. Ma hantise à moi habite immédiatement à côté de chez moi. Je n'ai pas le droit d'avoir une voisine jolie, de mon âge, avec qui je puisse discuter de tout et de rien en rentrant à la maison tous les soirs. Je n'ai même pas le droit d'avoir un voisin sympa, de mon âge, avec qui je puisse parler de mes tracas quotidiens. Oh non ! Ce serait trop demandé. Moi, à la place, j'ai une vieille conne.

Attention, loin de moi l'envie de paraître grossier. Il faut juste appeler une chatte une chatte. Ma voisine parle avec une petite voix mielleuse qui exaspère quiconque décide d'entamer une conversation avec elle. C'est le genre de personne toujours mal dans sa peau, qui crie haut et fort qu'elle est seule et malheureuse, alors qu'elle reçoit des visites chaque jour (de compassion j'imagine). Elle laisse tomber des emballages de carottes râpées juste devant chez moi. Elle sonne à l'interphone à 1h du mat' prétextant avoir oublié ses clés. Elle râle quand j'écoute trop fort mes albums de Lara Fabian. Elle frappe pendant deux heures à la porte tant que personne ne lui ouvre. Et elle me mate quand je suis en slip de bain allongé sur mon bain de soleil.

Ma voisine est une plaie. Et rien que pour ça, je déteste la fête des voisins.

25 mai 2008

Le (Dima) Bilan de la soirée

Le suspense a été insoutenable jusqu'à la dernière seconde du show. Et on peut parler de show, puisque la soirée a rayonné par son éclectisme et sa vitalité.

C'est finalement un véritable chaud-man show-man qui a remporté le concours Eurovison de la chanson cette année.

Voici les points à retenir de la soirée.


  1. La Russie, portée par la chanson Believe, portée elle-même par un garçon assez peu pudique, il faut bien l'avouer, Dima Bilan, a remporté le concours.
  2. Le combat fut rude avec la Grèce et sa chanson très Pussycat Dolls. Les deux pays étaient au coude à coude, que dis-je, au corps à corps, lors de l'attribution des points.
  3. La France termine à la dix-neuvième place. L'an dernier, les Fatals Picards avaient fait beaucoup moins bien (ce qui n'était pas mérité, leur chanson était honnête).
  4. Sébastien Tellier aura au moins le mérite d'avoir chanté trois phrases en français, même si la chanson devait être entièrement en anglais. Parce que Seb, c'est un rebelle.
  5. Trop de pays sont encore laissés sur le carreau.
  6. Le Danemark et les merveilleuses bretelles de Simon Mathew; la Lettonie est ses incroyables mi-Pirates des Caraïbes mi-Aqua; l'Azerbaïdjan et ses divinement démoniaques cris de castrats; la Pologne et sa chanteuse ultra-bronzée aux grandes dents plus blanches que blanches.
  7. L'Espagne a proposé la chanson la plus mauvaise de la soirée. Un mélange de Manu Chao et de... rien.
  8. Jean-Paul Gaultier s'appelle bel et bien Jean-Paul GauLtier, avec un L qu'il faut prononcer. Son duo avec Julien Lepers a plutôt bien fonctionné, ce dont la France peut de réjouir.

24 mai 2008

L'Eurovision en quatuor

Il est un peu comme un nuage dans le ciel qui passe et que personne ne regarde.

Il est un peu comme Atchoum, le nain que tout le monde connaît mais qui n'intéresse personne.

Il est un peu comme un morceau de Carambar collé entre la prémolaire et la molaire supérieure, du côté droit, et qu'on ne parvient pas à décoller sans faire une tête de débile.

Il est un peu comme la goutte de gras de poulet tombée innocemment ce midi sur mon polo blanc, à laquelle je ne peux m'empêcher de penser.

Il est enfin comme une longue soirée de Victoires de la musique présentée par un Nagui aphone, mais dont l'extrême inutilité vous pousse à le suivre jusqu'au bout.



Le (fabuleux) concours de l'Eurovision a lieu ce soir...

Je vous donne rendez-vous sur Le Post pour commenter la finale en direct live from Belgrade (ou presque).

Je serai entouré d'un
trio viril totalement inédit: Pierre (alias The Wolf), Bertrand, sans oublier William, LE monsieur Nouvelle Star sur LePost.

(Et donc, la soirée est ici)